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 Oddworld : l'odysée d'Abe

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MessageSujet: Oddworld : l'odysée d'Abe   Lun 15 Sep - 11:49

J'ai encore eu une idée, avec un autre vieux jeu vidéo...Ne me remerciez pas c'est tout naturel ^^
Je sais que c'est un peu court, mais ce n'est qu'un prologue, et le chapitre 1 ne va pas tarder à arriver.

Commençons par le commencement...

Salut !
Je m'appelle Abe. Je travaille pour Rupture Farms, la plus grosse entreprise alimentaire d'Oddworld. Enfin, 'travaillais' serait plutôt le mot, mais je vous expliquerai tout ça un peu plus tard. Je suis un Mudokon, un employé de Rupture Farms. Enfin, 'esclave' serait plus juste. Ce n'était un secret pour personne : nous avions deux bras et deux jambes, un corps sec, résistant et peu exigeant, et aucune volonté de rébellion. Oui, même quand j'étais affecté au transport de carcasses puantes, j'aimais mon boulot. Maintenant, je suis arrivé au sommet : je m'occupe du nettoyage du bâtiment d'administration. Je n'ai qu'à transporter 75 Oddtonnes (malheureusement, je ne sais pas à combien de...kilos ? tonnes ? cela correspond pour vous) de matériel de nettoyage, au lieu de paquets de déchets de plus de 100 Oddtonnes chacun. Autrefois, Rupture Farms fabriquait beaucoup de pâtés de Meech. Jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de Meeches. Ils fasaient aussi d'excellents plats à base de Paramites et de Scrabs, ce qui a poussé ces deux espèces au bord de l'extinction. Les idées de 'développement durable' et d''écologie', qui semblent très importantes chez vous, ne font pas partie de la mentalité des Glukons, les propriétaires des grands groupes industriels d'Oddworld. Bref, alors que couraient des rumeurs inquiétantes sur la disparition des Paramites et des Scrabs, mon ami Ben me parla du "New'n'Tasty". Ben est un Slig, un des représentants les plus sympathiques d'une espèce que nous haïssons car la plupart des Sligs sont des contremaîtres ou des gardes, violents et méprisants envers nous. Ben est une exception. Il m'a dit que le "New'n'Tasty" allait faire fureur chez les Mudokons, mais j'étais alors à mille Oddlieues d'imaginer ce qu'il voulait dire...
J'oublie de préciser un détail à propos des Sligs qui allait se révéler déterminant pour la suite : ils n'avaient presque qu'un seul sens, qui se basait sur les températures. Ne vous en faites pas, vous allez comprendre en quoi c'est important.
Donc, un jour où je balayais les couloirs du bâtiment d'administration, j'entendis des voix surexcitées venant de la salle de conférences. Poussé par la curiosité, j'entrouvris la porte et y glissai un oeil. Molduk le Glukon, le grand patron en personne, expliquait à ses actionnaires (tous des troncs sans bras ni jambes, inaptes à toute forme de travail, bêêêrk...) que le "New'n'Tasty" allait donner un nouveau souffle à Rupture Farms. Il comprenait deux produits : une boisson nutritive et un plat de viande totalement inédit. Et l'ingrédient principal...c'était nous !


Dernière édition par Angeal le Lun 15 Sep - 17:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Oddworld : l'odysée d'Abe   Lun 15 Sep - 16:14

Super ta série, j'attend la suite avec impatiençe....
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MessageSujet: Re: Oddworld : l'odysée d'Abe   Mer 17 Sep - 13:23

La voilà, la suite ^^

Chapitre 1 : Une échappée un peu trop facile...

J'ai hurlé. Bien sûr, je n'aurais pas du, mais franchement, qu'auriez-vous fait à ma place si vous aviez découvert que vous et vos amis allaient être transformés en chair à pâté par ceux que vous avez servi toute votre vie ? C'est vrai, ce ne sont pas des choses qui arrivent dans vos mondes civilisés, mais essayez donc de vous mettre à ma place ! Ca vous aurait fait un choc ? Parfait, nous sommes d'accord. Bref, j'ai hurlé, et l'instant d'après...à votre avis ? Les Glukons m'ont entendu et ont lâché sur moi les gardes Sligs. Malheureusement pour eux, j'avais peur, très peur ! Vous ai-je expliqué quels effets la peur avait-elle sur notre métabolisme ? Non, je ne crois pas. En fait, même si nous ressentons sans doute les mêmes émotions que vous, notre corps ne réagit pas de la même manière : un Mudokon apeuré voit sa température corporelle se réduire drastiquement ! Vous comprenez, maintenant, pourquoi j'ai précisé que les Sligs se servaient de la température pour 'voir' ? En fait, je vais vous avouer un truc auquel j'ai réfléchi après : nous avions tous les moyens de nous échapper, sauf la volonté. Plus j'avancerai dans mon récit, et plus vous vous direz la même chose, avec en plus le recul des étrangers. Ah, mais je parle, je parle, et j'en oublie mon histoire...
Je me suis enfui par une porte de service. Le temps que les Sligs réalisent que je n'étais plus là, j'avais eu le temps de me réfugier dans un placard à balais. Enfin, il n'y avait pas que des balais. On y trouvait aussi un distributeur d'ersatz de viande et d'eau, pour les employés affamés. Autrement dit, je pouvais tenir des jours entiers à attendre que la situation se calme. Mais j'étais un Mudokon. Un être doté de sentiments. Je ne pouvais supporter que pendant que je tentais de sauver mon insignifiante peau verdâtre, mes semblables se fassent transformer en chair à pâté. Je devais les sauver. Bon, c'était plus facile à dire qu'à faire, j'en suis conscient. Cependant, il fallait absolument que j'essaye. Je savais tout ce qui se tramait dans les belles salles de conférence de Rupture Farms, et je devais arrêter tout ça. Seul problème, au moment où je songeais à sortir de mon placard, deux Sligs sont arrivés. Ou plutôt, j'ai entendu des Sligs arriver. Ils se sont arrêtés non loin de moi, et l'un des deux a demandé à son camarade :
_Où s'est-il planqué, ce petit imbécile ? Si jamais je le retrouve, j'l'abattrai comme un chien, et tant pis pour les ordres ! Ca fait trop longtemps qu'on doit les surveiller, ces satanés Mudokons !
_Il faut le retrouver au plus vite, renchérit l'autre. Si jamais il arrive à libérer ses copains, on sera morts !
_Pfuh ! Les 'spécimens' sont une cinquantaine, affaiblis à force de traîner leur couenne dans les enclos à bestiaux. En plus, y a que des femelles. Que veux-tu qu'il fasse avec ça ?
_Moins fort ! Et s'il nous entend ?
Un quelconque dieu avait du intervenir en ma faveur. Car, même si les Sligs n'étaient pas connus pour leur intelligence, quel était le pourcentage de chances pour que deux d'entre eux s'arrêtent non loin de ma cachette, alors que les bâtiments de Rupture Farms étaient vastes, et me révèlent l'emplacement de mes camarades ? J'étais à la fois étonné et heureux de savoir où se trouvaient les captifs. Plutôt, les captives.
Pour moi, il y avait pire que de traiter les Mudokons comme du bétail : c'était de traiter les Mudokoa, les femmes, si vous préférez, comme de simples sacs à viande. D'accord, c'est un choix logique puisque les Mudokoa sont bien plus charnues que nous, les mâles, mais si ces satanés Glukons avaient su ce que représentaient les femmes pour nous...En fait, je vais vous l'avouer, habitués à vivre séparés les uns des autres, les Mudokons et les Mudokoa ont les uns pour les autres le plus grand respect. Un respect qui peut aller jusqu'aux plus grandes extrémités : si pour sauver une Mudokoa, je devais mourir, alors je le ferai sans hésiter. Il paraît que chez vous, certains hommes traitent les femmes avec mépris. Franchement, si ces hommes étaient des Mudokons, on les assassinerait sur place.
Mais mes réflexions personnelles n'ont rien d'intéressant. Je préfère continuer mon récit. Donc, je suis sorti de mon placard à balais après m'être assuré que les Sligs étaient partis. Pas besoin de sens aiguisés pour les entendre arriver : dépourvus de jambes, les Sligs compensent leur infirmité naturelle par l'usage de prothèses aussi coûteuses que bruyantes. Eh oui, avoir deux bras et deux jambes, ou plus, est rare et prisé à la surface d'Oddworld. Ce fut donc très facile d'éviter les gardes, et ce jusqu'aux enclos à bestiaux.
Et je les vis. Les prisonnières.
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MessageSujet: Re: Oddworld : l'odysée d'Abe   Sam 20 Sep - 11:18

Oh, c'est la meilleure fiction que j'ai vu, j'ai lu et relu, la suite !!!!!!

(*Sinon, je vais plus dormir.....*)
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MessageSujet: Re: Oddworld : l'odysée d'Abe   Mer 19 Nov - 18:00

Chapitre 2 : L'inégalité des sexes

Elles étaient une cinquantaine. Leur corps pleins et épanouis (quelqu'un de plus lucide que moi aurait dit "bien engraissés") constrastaient avec la tristesse qui se lisait sur leur visage. Un nouveau défi se présentait pour moi : les libérer sans me faire prendre. Les bâtiments où étaient parquées les bêtes étaient les seuls à être dotés de caméras de surveillance, car les Scrabs et les Paramites étaient des créatures féroces (qui ne s'en prenaient qu'aux Sligs, on se demande pourquoi...), et un seul en liberté signifiait des dégâts considérables pour Rupture Farms. Surveiller les Mudokons n'avait jamais été une priorité pour les dirigeants, étant donné que j'étais sans doute le premier à me rebeller. Et puis, j'étais désolé de l'admettre, mais les Mudokoa pouvaient tout faire rater ! Ils fallait qu'elles aussi jouent le jeu. Je pouvais rester hors de vue des caméras, mais si elles attiraient leur attention sur moi, j'étais grillé et elles avec. La prudence et la discrétion la plus extrême s'imposaient donc. Je rampai par terre, la couleur de ma peau se confondant avec celle du sol. Lentement. Très lentement. Un geste trop brusque signerait mon arrêt de mort. A force de précautions, je finis par arriver jusqu'à l'immense cage de métal dans laquelle étaient enfermées les prisonnières. L'écartement des barreaux était juste assez grand pour que je puisse m'introduire dans la cage. Imaginez la surprise de celle qui la première vit un Mudokon petit et malingre pénétrer dans leur prison ! Je lui fis immédiatement signe de se taire, mais la nouvelle s'était répandue dans le groupe en moins de temps qu'il n'en fallait pour le penser : un mâle était là !
La première Mudokoa qui me parla semblait avoir le respect des autres, en tout cas, toutes s'écartèrent sur mon passage.
_Tu es venu nous libérer ? me demanda-t-elle. Visiblement, elle faisait tout son possible pour baisser le volume de sa voix suraigue.
_Bien sûr ! m'exclamai-je, presque sur un ton de défi.
Qui était-elle pour oser croire que j'allais les laisser se faire hacher menu ? Non mais franchement ! J'ai mon honneur, mince ! Pardon, je m'emporte, mais quand je repense à leur attitude... Elles ne semblaient pas me considérer capables de les sortir du pétrin dans lequel elles avaient été mises. Et pourtant, je l'ai fait. Tout d'abord, j'ai vu le Slig s'approcher. Mon cerveau a tourné plus vite que d'habitude pour l'empêcher d'interférer dans nos plans d'évasion, car le garde était armé, et les caméras pouvaient repérer des détails qu'il ne percevait pas, comme moi. J'ai donc fait signe aux Mudokoa de se taire alors que je sortais de la cage. Tout doucement, je me rapprochai du garde en me collant contre les barreaux glacés. Il ne me repéra pas, et je parvins par miracle à échapper à l'oeil des caméras.
Et pour la première fois de ma vie, je pris possession d'un être vivant.
A nouveau, je me permets une parenthèse. Tous les Mudokons sont capables de projeter leur esprit dans celui d'un autre être et, ainsi, de le contrôler, mais l'esclavage nous avait fait oublier jusqu'à l'existence de ce pouvoir.
Comment, alors, ai-je pu savoir que je pouvais manipuler le garde et lui ordonner de tirer sur les caméras de surveillance ? Impossible à dire. J'ai simplement eu l'intuition que je pouvais le faire : je l'ai donc fait. Je me suis concentré aussi fort que je le pouvais sur l'image de ce garde qui patrouillait, et je n'ai pas tardé à ressentir quelque chose de très étrange, comme si on me tirait le haut de la tête. Et puis je me retrouvai un court instant hors de mon corps, libéré de ma chair faible et sèche, avant de m'emparer du Slig. Pour un Mudokon habitué à disposer de cinq sens tout de même assez développés, se retrouver condamné qu'à utiliser la Thermie, l'unique sens des Sligs, était un peu réducteur. Même carrément gênant. J'arrivai néanmoins à mouvoir 'mon' corps tronqué jusqu'à me poster en face des caméras de surveillance, prêt à tirer. Les Mudokoa avaient du comprendre mon manège, car elles se rassemblèrent à gauche de la cage, comme pour m'indiquer qu'il fallait viser un peu plus à gauche. Je suivis leurs instructions, et tirai quand elles cessèrent de bouger. Pour la première fois de ma vie, j'avais détruit quelque chose. Je cherchai les autres caméras, et les prisonnières m'aidaient à les trouver et à les faire exploser. Lorsque je n'eus plus besoin du Slig, je lui ordonnai de pointer son arme sur lui, et je revins à moi juste au moment où il tira. Il y eut une belle explosion, et des tripes de Slig se retrouvèrent projetées un peu partout. Exclamations joyeuses, félicitations diverses : j'avais regagné la confiance des Mudokoa.
Mais je n'avais toujours pas répondu à la question : "Comment les faire sortir de leur cage ?" Car, si moi j'étais assez maigrichon pour me glisser entre les barreaux de la cage, ce n'était pas leur cas. Très vite, les cris de joie laissèrent place à des soupirs désespérés.
_Pas de panique, les amies, dis-je pour les rassurer. Il y a forcément une clé qui puisse ouvrir cette satanée cage...
Une Mudokoa plus maligne que les autres fit remarquer que s'il y avait une clé, c'étaitsans doute le garde qui l'avait et je l'avais donc fait exploser. Je me sentis bête. Une autre ajouta que quelqu'un remarquerait forcément que toutes les caméras de surveillance et le garde avaient disparu, et que d'autres risquaient d'arriver. Une autre, plus optimiste, répliqua que je pourrais envoûter tous les gardes qui arriveraient. Bref, la discussion s'animait, et moi, je réfléchissais.
_Eh ! Des oiseaux ! cria l'une des Mudokoa.
Aussitôt, tous les regards, y compris le mien, se tournèrent dans la direction qu'elle désignait. Elle avait raison. Il y avait, à une centaine de mètres de nous, une volée de petits oiseaux gris. C'était la première fois que j'en voyais. Ils étaient minuscules, et...figés en l'air. Comme dans vos 'films', quand on met en pause. Nous, on était là, on bougeait, mais eux, ils restaient suspendus en l'air, absolument immobiles.
_Les oiseaux de la légende...murmura la doyenne des Mudokoa.
A nouveaux, tous les regards se dirigèrent vers elle, comme attirés par un aimant.
_La légende disait que les oiseaux qui ne volent pas sont le signe que...que les Dieux ont agi en notre faveur...
_Vraiment ? m'enthousiasmai-je. Et est-ce qu'ils vont pouvoir vous faire sortir d'ici en vitesse ?
_Ca, je ne sais pas...dit la vieille avec un sourire. C'est grâce à toi qu'ils sont venus.
Je n'ai jamais aimé les devins, prêtres, et autres mystiques, avec leurs phrases sans queue ni tête...Mais je réfléchissais encore, pendant que les Mudokoa méditaient sur le sens des paroles de la vieille. Mon cerveau devait vraiment avoir quelque chose, car j'eus l'idée d'envoûter les oiseaux pour les faire bouger...Et à ma grande surprise, ce n'étaient pas des oiseaux mais un oiseau. Un seul esprit commandait la dizaine de petits corps auxquels j'ordonnai de voler jusque dans la cage. L'oiseaux (je sais qu'il s'agit d'une faute d'accord, mais comment voudriez-vous désigner un être qui est à la fois une et plusieurs créatures ?) s'anima alors, et vola de toutes ses ailes vers la grande cage. Et cette fois-ci, je me retrouvai très brusquement projeté de nouveau dans mon corps, et je ne tardai pas à comprendre pourquoi : l'oiseaux avait disparu pour laisser place à un grand cercle de lumière. Suivant l'ordre de la doyenne, les Mudokoa traversèrent le cercle, et disparurent avec le cercle...et je me retrouvai seul.
C'est stupide, hein ? Franchement, je me suis senti un peu idiot...et c'était pas la première fois, ni la dernière, je vous en avertis. Eh oui, jusqu'à présent, j'ai réussi à avoir l'air intelligent, avec mes longues phrases, mais une des raisons pour lesquelles nous les Mudokons sommes des esclaves est que notre QI n'atteint pas des sommets, comparé au vôtre. J'ai quand même eu la présence d'esprit de déguerpir avant que la relève n'arrive, en empruntant une sortie de service. J'ai traversé des kilomètres de couloirs en courant comme un possédé, jusqu'à arriver en terrain connu : les entrepôts à carcasses. Ah, si vous saviez comme je me suis senti mal à l'aise face aux employés qui charriaient les imposants squelettes de Paramite et les carapaces de Scrabs, moi qui étais il y a encore peu de temps un balayeur...
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MessageSujet: Re: Oddworld : l'odysée d'Abe   Mer 19 Nov - 18:20

sans te vexer : je ne comprend pas le sens de l'histoire
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MessageSujet: Re: Oddworld : l'odysée d'Abe   Mer 19 Nov - 18:31

j aime bien (ya aussi uun jeu qui s appelle abe odysée)
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MessageSujet: Re: Oddworld : l'odysée d'Abe   Jeu 20 Nov - 10:30

Oui, enfin la suite ! J'aime trop ton histoire, le mudokon "principale" est vraiment, pour moi, très attachant^^.
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MessageSujet: Re: Oddworld : l'odysée d'Abe   Ven 21 Nov - 12:31

Merci beaucoup, ça me donne envie de continuer !

Chapitre 3 : La naissance d'une révolution

Ce que j'ignorais, c'était que mon signalement avait été diffusé partout dans les usines. Heureusement pour moi, le petit chromosome libre des esclaves Mudokon n'attendait que ça pour refaire surface. Avant même d'être revenu là où ma longue ascension dans la hiérarchie de Rupture Farms avait commencé, j'avais à ma disposition une vraie petite armée de Mudokons robustes et dévoués corps et âme à ma cause...pour le moment inexistante. Eh oui, que voulez-vous, je n'ai rien d'un «bolchevik», un «sans-culotte», ou quel que soit le nom que portent les révolutionnaires chez vous (j'ai cru comprendre que ces deux noms avaient rapport avec des révolutions célèbres de votre histoire). Tout ce que je voulais, c'est sauver ma peau : je me suis juste trouvé au mauvais endroit au mauvais moment. N'importe quel Mudokon aurait pu être à ma place...Mais bref, c'est à moi, Abe, qu'incombait la lourde tâche de libérer mon peuple du joug Glukon. Et ma cause ne fut pas longue à se mettre en place : faire en sorte que plus jamais un Mudokon ne soit l'esclave d'un Glukon ou de n'importe quelle autre créature, ça me paraissait bon comme programme.
En deux secondes, je suis devenu le chef d'une révolution Mudokon.
Plus exactement, j'ai acquis mon rôle de chef quand un des porteurs de carcasses m'a reconnu, a sciemment balancé par terre un squelette de Paramite, et m'a montré du doigt comme la doyenne l'avait fait avec l'oiseaux : comme si j'étais leur Messie.
_Le voici ! cria-t-il.
Tous les autres, à ce signal improvisé, jetèrent par terre des carcasses de Paramites et de Scrabs. Cela fit un beau boucan.
Le hasard avait voulu qu'un garde Slig passe par là. Un des Mudokons m'aida à me cacher derrière des caissons réfrigérants avant que je ne sois à portée de sa Thermie.
_Eh ben, qu'est-ce qu'il vous prend ? grogna-t-il.
La révolution faillit mourir prématurément à cause de ce garde. Il avait une mitrailleuse. Et chez nous (comme chez vous, il me semble) une arme à feu est un moyen très efficace de persuader les travailleurs de continuer le travail. Mes partisans étaient sur le point de me laisser tomber...
Et je suis intervenu. J'ai envoûté le garde et je lui ai ordonné de tendre au Mudokon le plus proche tout ce qu'il avait sur lui (j'avais au moins appris ça de mon premier envoûtement) puis de reculer et de se tirer dessus. Évidemment, les autres comprirent tout de suite que le comportement du garde n'était pas naturel. Mais de là à imaginer que c'était moi le responsable...Ça les dépassait, vous comprenez ? Un de leur semblables pouvait à son gré s'introduire dans l'esprit des Sligs pour les contrôler...Du coup, ils se mirent encore plus à me regarder comme un être surnaturel. Et, ben, entre nous...ça faisait du bien, d'être considéré comme autre chose qu'un esclave.
Et puis, j'ai commencé à réaliser que j'étais un peu différent des autres. Je veux dire, je l'ai toujours vu, mais là, vu les circonstances, ça m'a vraiment frappé : j'avais quatre doigts à chaque main (normalement, les Mudokons en ont trois). Enfin, trois doigts et demie : le quatrième était une phalange terminée par un ongle noir et dur. Une malformation de naissance, à laquelle je n'avais jamais vraiment fait attention...Un moment, je me suis demandé si ce quatrième doigt n'avait pas quelque chose de spécial, si ce n'était pas autre chose qu'un petit bout d'os en trop...Quand je vous disais que je n'étais pas intelligent ! Je parie que n'importe lequel d'entre vous aurait cru que ce n'était pas important. Enfin, chaque chose en son temps. Cette histoire de doigt sera importante pour la suite, mais vous n'aimez pas connaître tout de suite la fin des histoires, n'est-ce pas ? Euh...revenons à notre révolution. Bref, les autres m'ont regardé avec des yeux ronds (enfin, c'est facile, car nos yeux sont déjà très ronds naturellement), et puis l'un d'entre eux s'avança et posa la question qui brûlait les lèvres des autres :
_Mais enfin, t'es qui ?
_Euh...je sais pas, répondis-je, embarrassé. Je suis un Mudokon, c'est tout.
_C'est pas vrai ! Tu as réussi à contrôler ce garde...comment as-tu fait ? rétorqua-t-il.
_Et comment as-tu fait pour échapper aux Sligs ?
_Et comment...
_Et pourquoi...
Il y avait des tas de questions ! Et moi, je ne savais pas y répondre...
_Stoooooop ! criai-je. Écoutez, les mecs...je ne sais pas trop ce que vous attendez de moi, mais je sais une chose : il faut déguerpir ! Les Glukons veulent nous utiliser pour faire des plats inédits !
Ah, c'était malin...maintenant, les Mudokons paniquaient et moi je n'étais pas plus avancé.
_Ils ont voulu s'en prendre à des Mudokoa, mais j'ai réussi à les libérer.
Oui. Je reprenais de l'assurance. Le truc, c'est de ne pas se laisser submerger. On pense à une chose à la fois, et on ne réfléchit à la suite qu'après avoir vu les réactions qu'elle déclenche. Bon, des créatures intelligentes comme vous n'ont pas besoin de se concentrer comme moi je le fais, mais...je vous donne quand même mes «trucs» pour les discours, on ne sais jamais. Bref, les autres semblaient très soulagés que j'aie libéré les Mudokoa. Je vous dis, nous, on ne plaisante pas avec les femmes.
_Et nous...tu peux nous libérer, nous ? demanda un sceptique.
Là, j'étais un peu obligé de répondre 'je ne sais pas'. Il me fallait un oiseaux, et je n'en voyais pas. Je me suis montré honnête, je leur ai donc dit qu'il me manquait quelque chose d'essentiel, mais je n'ai pas précisé quoi.
_Mouais, autrement, on est coincés ici, grommela le sceptique.
_Pas sûr ! rétorqua un autre. Ce dont t'aurais besoin...c'est pas des oiseaux ?
Je me tournai alors vers celui-ci.
_Comment tu sais ça ? m'étonnai-je.
_Je suis né libre, moi, se vanta-t-il. Et je sais que les shamans envoient des oiseaux pour libérer ceux de leur peuple qui sont prisonniers. Donc tout ce qu'on a à faire, c'est d'aller chercher ces oiseaux.
_Tu pouvais pas le dire plus tôt, crétin ? soupira le sceptique.
_J'ai essayé, mais tu étais le premier à dire que je racontais des bêtises !
Là, il avait définitivement fait taire le sceptique. Heureusement, car cet idiot aurait pu semer le doute au sein du groupe. Et il fallait à tout prix que j'aie la confiance des autres.
_Et les gardes Sligs ? s'inquiéta l'un des Mudokons.
_Je sais ! m'exclamai-je. Faites comme si de rien n'était, pendant ce temps, je l'envoûterai et je le ferai exploser !
Il y eut des murmures approbateurs. Vu la façon dont je m'étais débarrassé du garde sous leurs yeux, ils savaient que je pourrais en faire autant. Et si jamais il y avait deux gardes, pas de problèmes : je me contenterais de tirer sur l'autre avant de faire exploser le premier. Bref, moi et les autres, nous nous mîmes en route.
Ce ne fut pas long de trouver un oiseaux. Il semblait même nous attendre. Je l'envoûtai, et le Mudokon libre ordonna aux autres de passer dans le cercle de lumière qui s'était formé. Le cercle resta même après que le dernier fut parti. Alors à mon tour, je sautai dedans.
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MessageSujet: Re: Oddworld : l'odysée d'Abe   Ven 21 Nov - 17:30

C'est avec un plaisir infini que j'ai lu ce chapitre, j'ai bien aimé quand Abe a dit :"les mecs...", ça me fait penser aux gars de ma classe "eh, les mecs...", bon j'arrêtr le HS, sinon, bah, j'attend la suite par contre, je me demande comment va se passer le dénoument avec un doigt, nan, mais sérieux, comment on peut "sauver la vie" de pluusieurs mudokons avec un quatrième doigt ?!
Hum, j'attend la suite (quelque chose me dit qu'elle va être épatante...)
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MessageSujet: Re: Oddworld : l'odysée d'Abe   Ven 21 Nov - 22:21

Voilà ta réponse, Hey-Hey...Désolée s'il y a quelques maladresses, j'écris vite car je suis impatiente de passer à une partie plus intéressante ^^

Chapitre 4 : La Lune

En fait, ça ne fait rien de spécial de passer à travers les portails. Juste, sur le coup, un petit frisson, et après, on est déjà ailleurs. Sauf que pour moi, "ailleurs", ce n'était pas au même endroit que les autres. J'étais encore tout seul, mais cette fois-ci dans un endroit qui ne m'était pas familier : un grand hall délabré, avec d'un côté une grande porte condamnée et de l'autre une toute petite porte avec au-dessus un vieux panneau 'sortie' à moitié effacé. Je ne me demandai donc pas longtemps où étaient les autres : le panneau 'sortie' m'incita à ouvrir la petite porte et à sortir, pour la première fois, de Rupture Farms, à retrouver ma liberté, premier pas vers celle de tout mon peuple...
Euh, en fait, les choses ne se sont pas déroulées aussi bien. Je ne suis pas sorti tout de suite, je me suis d'abord retrouvé dans le secteur des enclos à Paramites. Et ça puait la charogne ! Logique : les Paramites deviennent douces comme des Meeps...euh...comme des agneaux quand on leur donne de la viande, quel que soit son degré de pourriture.
Les Paramites sont vraiment une des espèces les plus vicieuses d'Oddworld. Elles ont quatre pattes, dont deux atrophiées, et leur bouche est entourée par des tentacules qui leur permettent de saisir à peu près n'importe quoi. Elles ne sont pas aussi grandes et fortes que les Scrabs (les pires animaux d'Oddworld, si vous voulez mon avis !), mais leur principale force réside dans le fait qu'elles vivent en meute et savent organiser des pièges : une fois, elles ont fait mine de se dévorer entre elles pour forcer le garde Slig à descendre, avant de le bouffer entièrement ! Mais en fait, elles ne constituaient pas la principale menace. Non, le plus grand danger pour moi, c'était qu'un Slog me repère. Ne confondez pas Slig et Slog : les premiers, j'en ai assez parlé, je les explose comme je veux maintenant, mais les seconds, j'aime autant ne pas m'y frotter : ce sont des mâchoires énormes portées par deux pattes ridiculement courtes, et dotées d'un odorat très développé. Vous comprenez mon problème ? Si je peux rester hors de portée de la Thermie des Sligs, si je peux me faire assez silencieux pour que les Sligs possédant des prothèses leur permettant de percevoir des sons ne m'entendent pas, je ne peux pas masquer mon odeur ! Heureusement...les Slogs sont bêtes. Quand entre moi et eux il y a une fosse dans laquelle se trouvent des Paramite affamées, ils ne contournent pas la fosse, foncent... et les Paramites se régalent. Finalement, les Paramites ne sont pas si méchantes qu'elles en ont l'air...Mais je suppose que les récits de mon échappée à travers les enclos ne vous intéresseront pas vraiment : c'est toujours la même chose. Je me cachais pour posséder les Sligs et me débarrasser de tout le monde à grand coups de mitrailleuse, jusqu'à ce que le garde se fasse tuer ou que j'en ai marre et que je le tue.
Le meilleur, c'est ce qui a suivi. Quand je suis vraiment sorti des bâtiments de Rupture Farms, que je pouvais vraiment sentir que je n'avais plus de gardes aux trousses...C'est absolument incroyable de sentir la température de son corps remonter d'un coup, de respirer un air soudain plus frais (mais les odeurs de viande et d'huile de friture n'étaient pas encore totalement dissipées)...Et par-dessus tout, de voir la Lune.
Et sur l'immense astre blanc que jusque là je n'avais vu qu'une ou deux fois se dessinait ma main...Avec le petit bout de doigt qui m'était propre. Peut-être tout était-il déjà écrit...Et si ce n'était pas n'importe quel Mudokon qui aurait pu découvrir le secret du 'New'n'Tasty'...J'ai commencé à m'avancer vers la Lune qui semblait me tendre les bras avec cette empreinte de main bien visible à sa surface, tendant la mienne pour m'assurer que c'était bien mon petit bout de doigt et pas celui d'un autre Mudokon que tout Oddworld pouvait voir...
Et je suis tombé.
Je ne m'étais pas rendu compte que Rupture Farms était bâti au bord d'un canyon. Surtout, je ne savais pas que le bord était si près. Bref, je suis tombé...
Et j'ai rêvé.
J'ai vu un Mudokon dont la tête était cachée par un masque de bois, qui me parla de choses dont je ne comprenais que la moitié. Il me dit, je crois, de rejoindre les Lignes de Monsiac pour aller aux temples de Paramonia et Scrabania et faire je ne sais pas quoi. Ça avait rapport avec mes mains, mais au moment où le Mudokon masqué allait, je le sens, me donner des explications, je me suis réveillé. Mais en voyant celle qui m'a réveillé, je ne l'ai pas regretté : lorsque j'ouvris les yeux, je me retrouvai nez à nez avec la plus belle Mudokoa qu'il m'ait été donné de voir. Je vous avertis tout de suite, nos critères de beauté sont très différents des vôtres : là où je voyais une fille canon, vous auriez vu une créature à la peau verte tirant sur le violet, avec de gros yeux jaunes et globuleux, et des bourrelets de chair et de graisse que sa longue tunique blanche ne cachait pas .
_Enfin tu te réveilles, Bouche-Cousue ! s'exclama-t-elle joyeusement.
Bouche-Cousue...quoi, je ne vous l'ai pas dit ? Tous les esclaves ont à la naissance la bouche serrée par des liens de cuir, pour les empêcher de crier. A force, ces liens deviennent suffisamment élastiques pour que nous puissions parler, mais pendant les premières années de notre vie, nous sommes contraints au silence, et les liens restent. Mais mon interlocutrice, elle, n'avait pas ces liens : elle était née libre et ne savait pas ce que c'était que la servitude.
Une autre chose qui me frappa, c'était son parfum. Pour la première fois de ma vie, je sentis d'autres odeurs que celles des carcasses qui pourrissaient et des produits de nettoyage. La Mudokoa sentait bon la liberté (plus tard, j'ai appris que son odeur était celle du miel dont les Mudokons libres étaient friands, mais cette odeur restera à jamais pour moi celle de la liberté) et la fraîcheur.
_Où suis-je ? demandai-je d'une voix pâteuse.
_A Monsiac, la plus grande des cités libres de Mudos !
_Et...Et les autres ! Où sont-ils ?
_Quels autres ? Ah oui, les Bouches-Cousues ! Ils sont arrivés avant toi. Ne t'en fais pas, on les a aidés à se requinquer un peu. Et toi ? Comment t'appelles-tu ? Et pourquoi es-tu tout seul ?
_Je m'appelle Abe. Et si je suis seul, c'est parce que c'est moi qui ai aidé les autres à s'échapper grâce aux oiseaux.
_Donc c'est ta peau que veulent les industriels de Rupture Farms.
_Exact. Mais...comment tu sais ça ?
_Les autres nous ont tout raconté. Le 'New'n'Tasty', ton échappée...Tu as eu une sacrée chance. Et il t'en faudra encore plus pour aller à Scrabania et Paramonia et en revenir vivant.
_Quoi ?
_Ah, ces Bouches-Cousues...Tu n'as pas vu la Lune ? Il n'y a pas quelque chose qui t'a frappé à sa surface ? Une empreinte de main, par exemple ?
_Si, mais...
_Tu n'imagines pas la pagaille qu'a provoqué ton arrivée, Abe ! Même Big Face a perdu son calme, il a failli se tromper dans ses incantations ! Enfin, tu n'as pas compris ? Ton destin est de rendre la liberté aux autres esclaves !
_Euh...
Ça fait tout drôle de devenir comme ça d'un coup futur sauveur de tout un peuple. D'abord, il y a l'orgueil de sentir qu'on a une page importante de l'histoire à écrire. Et puis on se demande si on va être à la hauteur.
_Viens, je vais t'amener aux prêtres ! dit-elle, maintenant en proie à une grande excitation. On n'attend plus que toi !
Elle me força à me lever, et je pus brièvement constater que je me trouvais dans une espèce de grotte semi-sphérique aménagée en petite salle de repos, avant que la Mudokoa ne me traîne à travers un réseau de galeries, non pas souterraines, mais creusées dans des arbres immenses dont la cime cachait presque entierement le ciel. Et puis au centre d'un cercle dessiné par des arbres millénaires (en années terriennes), des Mudokons à la bouche sans liens formaient un second cercle autour d'un grand feu.
_Nous t'attendions, dit l'un d'eux en quittant le cercle et en s'avançant vers moi. Bienvenue à Monsiac, Abe l'Élu !
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MessageSujet: Re: Oddworld : l'odysée d'Abe   Sam 22 Nov - 8:40

Tes fiction (pour moi) ne sont pas faites à la va-vite, au contraire,eh bien sinon, j'espère qu'Abe va réussir à sauver les Mudokons, surtout, je croit qu'il est tombé amoureux, hi, hi......
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MessageSujet: Re: Oddworld : l'odysée d'Abe   Sam 22 Nov - 14:48

Et voilà la suite...J'écris de plus en plus vite ^^

Chapitre 5 : Préparatifs

C'est vachement surprenant de se faire appeler «l'Élu», surtout après s'être fait traiter de petit imbécile, d'incapable, et de Bouche-Cousue dans la même journée. Dur de rester humble dans ces conditions ! J''ai un peu viré au pourpre, et la Mudokoa a souri. Puis elle s'est rendue compte que quelque chose n'allait pas.
_Où es Big Face ? demanda-t-elle.
Il y eut quelques murmures gênés. Puis un des Mudokons se décida à avouer :
_Euh...Il est parti à Paramonia.
_Et sans nous demander notre avis ! ajouta un autre.
_Il pensait sans doute qu'Abe pourrait l'y rejoindre sans difficultés...conclut un troisième.
_Quel vieil entêté ! soupira la Mudokoa. Il n'a donc pas compris ? Abe est un esclave, il n'a sans doute même jamais monté un Elum de sa vie !
_Euh...C'est quoi un Elum ? dis-je doucement.
_Vous voyez ! s'exclama-t-elle. Comment, dans ces conditions, pourra-t-il aller à Paramonia ?
_Du calme, Osya, du calme...dit un des sages, mais elle n'écouta pas, et continua :
_Et en plus, il doit y aller seul, c'est bien ça ? Mais ça ne rime à rien !
_Il faut qu'il se montre digne des pouvoirs du Shyllkrug... rétorqua celui qui m'avait salué.
_Et les Mudanchee, vous y avez songé ? Ils verront tout de suite que c'est un Bouche-Cousue, et ils le tueront ! Laissez-moi l'accompagner, j'ai l'habitude de traiter avec les Mudanchee...
_Quelqu'un pourrait-il m'expliquer ce que je dois faire, quels sont les dangers et pourquoi je dois le faire seul ? criai-je afin de mettre un terme à la dispute.
_Ne te pose pas de questions, ça vaudra mieux, répondit Osya.
Voulait-elle me forcer à appliquer le principe «une chose à la fois» alors que je me sentais prêt à comprendre n'importe quoi, même les choses les plus complexes ? La vie est mal faite, parfois...
_Sache simplement qu'on a besoin de l'aide de ces brutes de Mudanchee et que c'est ça le vrai problème.
Elle anticipa ma question et ajouta :
_Ce sont des Mudokons, mais ils ne sont vraiment pas commodes. Ils vénèrent les Paramites et te tueraient sur place en sachant que tu as participé à leur abattage en masse...
En plus, j'avais vraiment tué des Paramites, en actionnant les broyeurs à viande (deuxième étape dans la hiérarchie de Rupture Farms après le transport des carcasses). Mais mieux valait ne pas le crier trop fort.
_...Et si tu survis à ces fous, aux Paramites sauvages et aux abeilles, alors tu pourras te dire que tu as une chance infernale, acheva-t-elle. Tu sais siffler au moins, Bouche-Cousue ?
_Euh...Pourquoi ?
_Parce que si tu siffles une note de travers, tu te feras égorger par les Mudanchee. Essaye de faire comme moi.
Elle poussa un long sifflement suivi de deux sifflements aigus. Je l'imitai sans difficulté : quand j'étais gamin, moi et mes amis nous communiquions en sifflant afin que les gardes Sligs ne nous entendent pas : nous avions tout un code, que j'ai oublié depuis. Mais j'ai gardé la technique : arrondir la bouche autant que possible, puis serrer les lèvres et souffler. Osya fut impressionnée par ma performance.
_Bon, alors les Mudanchee ne s'en prendront pas à toi. As-tu déjà eu affaire à des abeilles ?
_Euh...
_Laisse les Elums les bouffer et éloigne-toi pendant ce temps. Leur piqûre est mortelle. Hmm, voyons...Tu peux te débarrasser d'une Paramite ?
_Avec de la viande.
_Oui. Jettes-en dans un trou et n'attends pas qu'elles aient fini pour partir.
_Eh, je sais ce que c'est qu'une Paramite...
_Bon, alors il ne te manque plus qu'un cours d'équitation et tu seras prêt.
_Ah ?
_Enfin, dans l'absolu, il faudrait qu'on te donne une arme et un compagnon de voyage...Mais ici nous sommes pacifistes et tu es censé te débrouiller seul. Après tout, n'es-tu pas l'Élu en qui nous avons placé tous nos espoirs ?
Il y avait dans sa voix un ton ironique que je n'aimais pas. Allez savoir pourquoi, toutes les Mudokoa semblaient douées pour le cynisme et le sarcasme. (Et encore, de toutes les femelles que j'ai croisées, ce n'étaient pas les pires...mais je ferais mieux de m'en tenir au récit)
_Osya, arrête de te moquer de lui ! intervint un des sages. Va plutôt lui atteler un Elum.
A nouveau, Osya me regarda, puis elle hocha la tête et m'attrapa à nouveau le bras, pour cette fois-ci m'emmener dans une sorte de clairière où étaient rassemblées d'étranges bêtes : elles avaient un corps ovale et un long cou, le tout porté par deux longues pattes musclées. Leur tête semblait avoir été aplatie : elles avaient un gros œil noir de chaque côté et, au sommet du crâne, deux petites cornes semblables à des dents. Leurs petits bras et leur longue queue devaient leur servir à maintenir l'équilibre entre l'avant et l'arrière de leur corps. Ils étaient entièrement recouverts par un court pelage brun, avec sur le dos des rayures sombres.
_Voici des Elums, annonça Osya. Ne t'en fais pas, ils sont très doux. Tu veux essayer d'en monter un ?
_Euh...Tu es sûre ?
_Mais oui, froussard ! Inutile de geler pour rien, tu es en sécurité ici !
Eh oui...Vous, par exemple, vous auriez eu une chance d'être crus en disant que vous n'avez pas peur, mais moi...Ma température me trahit. J'étais tout gêné, c'était la première fois que je me retrouvais dans une telle situation : pour une fois, ma peur ne m'avantageait pas.
_Oh, allez, c'est normal...Tes copains aussi ont eu peur, mais il ne faut pas.
Elle siffla et un Elum s'approcha. Il avait une belle fourrure marron clair, un peu plus longue que celle des autres, particulièrement sur la tête.
_Celui-ci est habitué à voyager à Paramonia, il connaît la route, expliqua Osya en lui caressant la tête, juste entre les cornes. Les yeux de la bête se plissèrent. Hein, mon grand, tu connais la route ?
L'Elum émit une sorte de petit gargouillement. Apparemment, il aimait se faire caresser ici. Je m'en suis souvenu.
Osya appuya un peu sur l'encolure de l'Elum, et celui-ci se baissa, juste assez pour que je puisse grimper sur son dos. Il n'avait pas de rênes, de selle ou quoi que ce soit, et je devinai qu'il fallait que je trouve un endroit où m'accrocher ou je me ferais éjecter par l'accélération : pas besoin d'un grand cerveau pour voir que les Elums étaient faits pour courir.
_Tiens-le par les cornes, suggéra Osya.
Je lui obéis. A ma grand surprise, malgré leur petite taille, les cornes formaient des prises parfaites.
_Attends-moi ici, ordonna Osya.
Elle revint vers la petite 'grotte' où je m'étais réveillé (enfin, je crois...mon sens de l'orientation n'a jamais été très bon, sauf dans les bâtiments de Rupture Farms car j'y avais passé toute ma vie ou presque), et en revint deux minutes après avec un gros sac de cuir qu'elle accrocha sur le dos de l'Elum au moyen d'une sangle.
_Il y a de la viande pour les Paramites, et des provisions pour toi. Ne t'en fais pas, l'Elum n'aura pas besoin de toi pour trouver le chemin jusqu'à Paramonia, dit-elle très vite.
Elle réfléchit un instant puis ajouta :
_Tu te souviens de ce que tu dois siffler ?
Je lui sifflai alors l'air qu'elle m'avait montré, sans aucune fausse note.
_Parfait. Siffle ça dès que tu vois un Mudanchee.
_A quoi on les reconnaît ?
_Au tatouage de Paramite qu'ils ont sur la poitrine. Bon voyage, Bouche-Cousue !
Elle donna une claque sur le derrière de l'Elum et la bête partit au triple galop...Et moi avec.
_Où sont les freins ? hurlai-je, terrifié par la vitesse à laquelle j'allais.
_T'en as pas besoin, il sait où s'arrêter ! me répondit Osya, mais sa voix était déjà lointaine.
Et alors que je ne savais pas encore en quoi consistait ma tâche, je filais sur le dos d'un Elum dans les forêts de Monsiac, en direction de Paramonia.
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MessageSujet: Re: Oddworld : l'odysée d'Abe   Mar 25 Nov - 17:40

trop cool tu met quand l autre partie?
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MessageSujet: Re: Oddworld : l'odysée d'Abe   Mar 25 Nov - 20:25

Tout de suite ^^ Avec en prime, une CG d'Abe sur son Elum (avec en fond, la forêt de Monsiac)



Chapitre 6 : Paramonia

Je parvins finalement à arrêter l'Elum : il suffisait de lui tirer la tête vers l'arrière. Après m'être assuré qu'il n'allait pas repartir au galop, je descendis de son dos, et observai le paysage. Je réalisai soudain que nous étions au fond du canyon : de la bordure est montaient les fumées noires des usines de Rupture Farms. Le canyon était vraiment très profond, je me demande encore comment j'ai pu survivre à ma chute.
L'Elum me regarda avec impatience, l'air de dire : "Bon, on se bouge ?"
J'avançai un peu et il me suivit calmement. Bientôt, nous sommes arrivés à une bifurcation. Le premier chemin continuait au fond du canyon, tandis que le second serpentait sur la bordure ouest : je n'en voyais pas le bout, mais il devait sans doute permettre d'arriver de l'autre côté.
_Tu sais par où on doit aller ? demandai-je à l'animal, et je me sentis parfaitement idiot car il ne me répondit pas et se contenta de secouer la tête.
Je remarquai alors des dessins au sol : sur le chemin qui montait était dessiné un Scrab, bien reconnaissable avec ses quatre pattes pointues et son gros bec garni de dents, tandis que sur celui qui continuait au fond était dessinée une Paramite. C'était vraiment dur de deviner lequel de ces deux chemins menait à Paramonia...Je suis remonté sur le dos de l'Elum. Il a suffi d'un coup de talon dans les côtes pour qu'il avance tout droit sur le sentier.
Alors que je commençais à me dire : "C'est calme ici...", une voix dont je ne parvins pas à trouver tout de suite l'origine me cria "Halte-là, Bouche-Cousue !"
J'obéis sans discuter, maintenant que je savais comment arrêter l'Elum. Presque aussitôt après, un Mudokon sortit de sa cachette derrière un arbre. Il avait un grand tatouage sur la poitrine. J'étais incapable de dire s'il s'agissait vraiment d'une Paramite, tellement le dessin était grossier, mais je me risquai tout de même à siffler ce que m'avait montré Osya, car sur le chemin qui menait à Paramonia...Bref, en me voyant siffler ce qui devait être un mot de passe, le Mudokon ouvrit des yeux ronds, et jeta à terre la petite arbalète qu'il avait en main (et heureusement que je ne l'avais pas vue, car sinon j'aurais paniqué).
_Comment se fait-il que tu connaisses ça ? Demanda-t-il.
Ah, encore un truc...Vous l'avez sans doute remarqué, mais nous les Mudokons ne connaissons pas des complications du langage typiquement humaines, comme le vouvoiement, les règles de politesse...
_Quelqu'un à Monsiac me l'a montré, répondis-je calmement.
_Je vois, tu es passé par Monsiac...Et qu'est-ce que tu viens faire ici ?
_Ben...En fait, je ne sais pas trop...(je suis descendu de l'Elum) Apparemment, un certain Big Face, au lieu de m'attendre à Monsiac, est directement allé ici, à Paramonia, pour faire je ne sais quoi...
_Big Face ? Ah oui, le shaman timbré...Hm, pardon...Eh bien, oui, il est passé par ici et est allé en direction du temple, mais quant à savoir pourquoi...Eh, attends. Fais voir tes mains !
A nouveau, je ne discutai pas. Le Mudanchee observa mes mains avec intérêt...Et il a vu ce qu'il voulait voir : mon doigt en plus (ou en trop, ça dépend des points de vue).
_Je comprends...C'est donc toi, l'Élu dont on espère tant de choses ? Un Bouche-Cousue ?
_On dirait, oui...
_Bon, Bouche-Cousue ou pas, je ne peux pas t'accompagner jusqu'au temple.
_Pourquoi ? J'aimerais savoir pourquoi je suis censé me débrouiller seul ! Je veux dire, depuis que je suis à Monsiac, tout le monde semble savoir ce que je dois faire, sauf moi !
_T'es vraiment un cas grave...
_Non, un esclave.
_C'est pire ! Bon, écoute...Tu ne sais vraiment rien des dieux d'Oddworld ?
_Rien, je te dis !
_Ouais, c'est un peu embêtant...Ben en fait, ne me demande pas pourquoi, mais toi seul peux maîtriser les pouvoirs du Shyllkrug.
_Avec un doigt en plus ? Ça suffit ?
_Euh...bref, pour te montrer digne du Shyllkrug, il faut que tu affrontes les gardiens des temples de Paramonia et Scrabania.
_Oh...Et Big Face, dans tout ça ?
_Eh, j'en sais rien ! Moi, je suis juste de faction ici pour empêcher les intrus de s'aventurer sur les terres de Paramonia...
_Ok, d'accord. Merci quand même.
_Le temple est droit devant. Reste avec l'Elum, tu auras besoin de lui. Pour les abeilles, il te les mangera. Et en plus, il laisse le miel.
_Ah. Et c'est bon, le miel ?
_Délicieux. Et...bon, je sais que c'est pas grand-chose, mais...bonne chance.
_Je pense qu'une arme serait plus utile, sans vouloir te vexer.
_Désolé, mon arbalète me sert. La surveillance, c'est pas toujours aussi calme qu'aujourd'hui.
_Ah. Et, pour les Paramites, comment je fais ? Je veux dire, j'ai des provisions de viande pour faire diversion, mais, quand j'en aurai plus, comment je ferai ?
_Bah, avec un peu de chance, tu pourras les posséder...Quand elles ne se déplacent pas en groupe.
Il s'attendait sans doute à ce que je sois surpris en l'entendant parler de possession.
_Mais attends...Ah ouais, t'es pas complètement ignorant, non plus...Je veux dire, t'as déjà envoûté...des Sligs, par exemple ?
_Et comment ! Sans ça, j'aurais jamais réussi à m'échapper !
_Ouais, donc tu devrais pouvoir arriver vivant au sanctuaire. De toute façon...Oui, le plus dur, à ce qu'il paraît, c'est de pénétrer dans les nids de Paramites sans se faire mettre en morceaux. Enfin tu verras...
_Des nids de Paramites ?
_C'est pour les abriter que nous avons construit le temple. Là, elles sont à l'abri. Et...Si je me souviens bien, les nids sont juste à l'entrée du temple, ça sert un peu d'éliminatoire, si tu vois ce que je veux dire.
_Bon...Et selon toi, j'ai une chance de m'en sortir ?
_Si tu es l'Élu, c'est pas pour rien. Allez, vas-y, c'est jamais bon de faire attendre les shamans...
_Ok. Merci.
Je remontai sur le dos de l'Elum et saluai le Mudanchee, avant d m'enfoncer plus profondément dans la forêt. Si tous les Mudanchee étaient comme lui, alors Osya m'avait raconté des bêtises à leur sujet...Ou peut-être devais-je sa coopération au fait que je sois une sorte de Messie...Mais revenons-en à la suite de mes (més)aventures. Tout à coup, l'Elum se cabra, poussa d'atroces hennissements, et par réflexe, je lâchai prise et je me laissai tomber au sol. J'avais bien fait : l'Elum se précipita vers une sorte de gros sac suspendu à une branche d'arbre, et commença à gober les petites choses vrombissantes qui se massaient autour de lui, les fameuses abeilles. Lorsqu'il n'en resta plus une seule, il se retourna et donna un puissant coup de queue dans le sac, et le fit tomber. Le sac se cassa alors et un liquide doré se mit à couler : du miel. Je reconnus une odeur familière, celle d'Osya, et cela m'a donné envie d'en manger jusqu'à la fin des temps. Je découvris vite que le miel était très liquide et rendait mes mains et mes liens poisseux, mais ce n'était rien face à ce que je ressentis lorsque j'y goûtai, pour la première fois.
Jamais je n'avais connu pareil goût sucré. C'était certain, maintenant, le miel resterait à jamais pour moi le symbole de la liberté. J'eus l'impression que c'était toute une zone de mon cerveau qui se réveilla, la zone dédiée au goût, que les nourritures fades de Rupture Farms n'avaient encore jamais activée. Mais trêve de bavardages...Je sais bien que jamais le simple fait de manger du miel ne vous procurera les mêmes sensations qu'à moi. Nous n'avons pas eu la même vie, pas besoin de chercher très loin pour le comprendre.
J'aurais pu rester longtemps à chercher à vider cette ruche de tout le miel qu'elle contenait...Mais un cri qui m'était familier me ramena à la réalité : il y avait dans le coin une Paramite qui venait de trouver son futur repas. En l'occurrence, du Mudokon au miel.
Face à ça, j'avais deux choix. La fuite, ou l'affrontement. Je vous laisse deviner quelle option j'ai choisie...
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MessageSujet: Re: Oddworld : l'odysée d'Abe   Mer 26 Nov - 17:16

Hum, peut être que le mudanchee a trompé Abe, en tout cas, je lui souhaite (Abe) bonne chance ! Hum, moi, j'adoore le miel XD.
Sinon, la suiite, je commence vraiment à adorer tes histoires Angeal, vraiment !
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MessageSujet: Re: Oddworld : l'odysée d'Abe   Jeu 27 Nov - 17:40

Je suis contente d'avoir une admiratrice ^^

Chapitre 7 : Paramonia, bis

...J'ai fait confiance au Mudanchee. Si je me fiais aux cris, il n'y avait dans les parages qu'une seule Paramite, et j'espérais qu'elle était encore assez loin de moi pour que je puisse l'envoûter. Bon, la possession n'entre dans aucune des catégories, donc j'ai un peu triché...J'essayai de me représenter la Paramite en chasse à partir des individus que j'avais déjà vus. Il me fallut plus de temps qu'avec les Sligs, mais je finis par me retrouver dans son corps...Et je me rendis vite compte que j'avais fait une erreur d'appréciation. Je le sentis dès que je pris possession de la Paramite : c'était en fait tout un groupe qui rôdait, et si l'un d'entre eux me voyait, moi, Abe (car quand je possédais une autre créature, mon corps restait toujours là, visible et vulnérable...), pas besoin de vous dire ce qui m'arriverait...Et je ne savais pas comment dire «Stooooop !» en langage Paramite. Donc, j'étais foutu ? Non, heureusement...Enfin, malheureusement pour l'Elum, car c'est lui que je décidai de sacrifier pour ma cause. Oui, je suis méchant, moi aussi, mais que voulez-vous...Oddworld est un monde cruel, où ce sont les plus retors qui survivent, je l'ai appris à mes dépens(et pourtant, même quand j'en ai pris conscience, j'ai quand même continué de faire confiance aux autres Mudokons, peu importe leur tribu d'oigine...). Et je n'avais pas trente-six solutions. Donc, j'ordonnai à la Paramite de se rapprocher de l'Elum, et d'alerter ses semblables. Ils se jetèrent sur la pauvre bête et lui brisèrent le cou, pendant que j'abandonnai la Paramite (c'était sans doute la première fois que je réintégrai mon corps sans avoir tué celui que j'avais envoûté) et que je m'enfuyais. Alertés par l'odeur du festin, d'autres Paramites rappliquèrent, en m'ignorant : quand je vous disais qu'elles étaient prêtes à tout pour de la viande ! En même temps, c'est vrai que préférer la chair grasse d'un Elum à la viande sèche d'un Mudokon, ça n'avait rien d'anormal.
En plus, avec la sacoche de viande qu'Osya m'avait donnée, elles ont du se régaler, les Paramites...Oui, maintenant que j'y repense, sacrifier l'Elum était idiot, mais je n'ai pas vraiment eu le temps de réfléchir sur le coup : c'était ça ou se faire dévorer. Oh, je suis sûr que vous auriez trouvé une solution, mais...n'oubliez pas que je suis stupide. Bref, j'ai repris la route du temple. Facile : le chemin était tracé au sol. Sans ça, jamais je n'y serais arrivé. Ou alors, il m'aurait fallu des années. Et puis je finis par voir le temple en question : un gigantesque bâtiment tout en rondeurs, encadré par deux statues de Paramites format XXL. C'était vraiment beau, le plus bel exemple d'architecture Mudokon que j'aie jamais vu. Pas étonnant : j'ai appris plus tard que les Mudanchee, loin de la réputation de guerriers qu'ils avaient acquise à Monsiac, étaient en fait surtout des bâtisseurs hors pair, et que les plus agressifs de tous étaient les Mudomo. Comme quoi, il ne fallait pas se fier aux préjugés des autres. Mais passons...Je suis sûr que vous mourez d'envie de savoir ce qui m'attendait à l'intérieur du temple, n'est-ce pas ? Eh bien...Rien. Au début, du moins. Je n'ai pas été accueilli, comme je le craignais, par des meutes de Paramites. Je me suis retrouvé dans un grand hall circulaire, d'où partaient huit couloirs. Diamétralement opposée à l'entrée se trouvait une grande porte, qui était, vous vous en doute, verrouillée. Je vérifiai quand même, on ne sait jamais, mais...la porte était bel et bien fermée. Je décidai donc de m'engager dans l'un des couloirs. C'était un boyau étroit et sombre : je n'en voyais pas le bout, mais je n'avais pas à écarter de beaucoup les bras pour en toucher les parois. Combien de temps ai-je marché en tâtonnant comme ça ? Difficile à dire. Tout ce que je sais, c'est que j'ai eu dix fois le temps de déclencher des pièges mortels, mais je ne m'appelle pas Inidana Jonss (ou quel que soit le nom de cet aventurier de fiction qui passe son temps à se mettre dans les ennuis), et je n'explorais pas un quelconque temple perdu, la preuve : le premier Mudanchee auquel j'ai eu à faire connaissait son emplacement. Sur le coup, évidemment, je n'ai pas pensé à ce machin-truc Jonss, mais lorsque j'ai entendu parler de ce personnage...Donc, je me suis retrouvé entièrement intact, dans une grande salle ronde, où se trouvait une Paramite. Pas une meute, mais un individu d'une taille exceptionnelle. Aïe.
Alors là, fuite ou affrontement ? Euh...fuite. La Paramite avait dix fois le temps de me bouffer avant que je ne parvienne à l'envoûter, vu les difficultés que j'avais eues avec l'autre.
Puis je me suis posé une question intelligente : pourquoi la Paramite ne bougeait-elle pas et n'avait-elle pas "tilté" en me voyant ? Réponse : parce que c'était une statue ! J'ai failli me laisser avoir. Je suis retourné dans la salle. Oui, c'était juste une statue. J'ai ri de ma propre bêtise. Eh, pour une fois que je me rends compte que je suis bête ! Bon...Encore du blabla inutile, et comme on dit chez nous, ça ne fait pas vraiment avancer le Fleech. Oh, et vous n'avez pas besoin de savoir ce qu'est un Fleech. C'est comme le Dahu : tout le monde en parle, mais personne n'en a vu.
Au-dessus de la statue, il y avait une sorte de grande cloche. Plus exactement, trois grandes cloches de cuivre. Et au milieu...il y avait une petite boule de métal suspendue en l'air. Elle ne tombait pas et ne semblait pourtant pas être retenue par quoi que ce soit. Si on avait été sur Terre, je me serait dit : "Y a un truc." Mais en Oddworld, tout est possible.
Si vous vous dites "tiens, c'est marrant, cette boule me fait penser à l'oiseaux..." vous êtes près de la vérité ! J'ai eu la même réflexion, et au moment où j'ai voulu envoûter la boule, elle s'est animée d'elle-même et a commencé à frapper les cloches, produisant une belle mélodie, un peu triste. C'est fou ce qu'on peut faire avec trois notes ! Pour un peu j'aurais pleuré...Euh, vous ne me croyez pas ? Vous avez tort. Je ne mens jamais (enfin si, mais...uniquement lorsque la situation l'exige). En fait...hé hé ! Ca a été pareil pour tout le reste ! Les sept chemins menaient tous à des salles identiques, avec une cloche, une boule et une statue ! Et lorsque je suis revenu de la huitième salle, je vis que la grande porte avait disparu...A votre avis, qu'ai-je fait ? Je suis entré...


Dernière édition par Angeal le Ven 28 Nov - 20:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Oddworld : l'odysée d'Abe   Jeu 27 Nov - 17:50

Wow, j'adore !
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MessageSujet: Re: Oddworld : l'odysée d'Abe   Mar 2 Déc - 19:21

Voici la suite des malheurs d'Abe ! Et une seconde odyssee est en projet...

Chapitre 8 : Les épreuves

...Et je l'ai aussitôt regretté : je me suis retrouvé dans une grande salle circulaire, avec une porte à l'autre bout, entouré par des hordes de Paramites ! Et cette fois-ci, c'étaient des vraies... Fuite, affrontement où envoûtement ? Aucune des solutions n'était applicable, car les Paramites pouvaient me massacrer en un rien de temps, je n'avais pas le temps d'en envoûter une (et si je me faisais dévorer entretemps, dans le pire des cas, je crois que je serais condamné à rester toute ma vie enfermé dans le corps d'une Paramite, ce qui n'était pas réjouissant non plus), et comme par magie, la porte s'était refermée derrière moi. Donc, mon aventure s'est-elle achevée ici ? Non, bien sûr. Au moment où je croyais que les Paramites allaient me bouffer, quelqu'un est intervenu...Et sur son passage, toutes les Paramites se sont écartées, dressant leurs tentacules comme une haie d'honneur. Mais quand j'ai vu la tête de la créature en face de moi...Je l'ai trouvée franchement affreuse, mais peut-être cela sera-t-il différent pour vous : c'était une humanoïde, bien plus grande que moi, dont le visage n'avait pas d'yeux, comme si on les avait gommés au dernier moment. De part et d'autre de ses épaules se déployaient de grandes ailes qui me parurent faites d'os, et elle avait en guise de mains de grosses pattes terminées par des griffes noires, comme des morceaux d'obsidienne. Tout compte fait, j'aurais préféré finir dans l'estomac des Paramites plutôt que tué par cette chose. Enfin, je me faisais des films. Car son intention ne semblait pas de me tuer, du moins pas tout de suite : elle engagea le dialogue en me demandant «Qui es-tu ?»
_Je pourrais vous retourner la question, répondis-je en affichant un air bravache (oui, je ne tutoyais que les Mudokons, en vérité. Mieux valait être poli face à des créatures inconnues).
Dans ces conditions, mieux valait ne pas montrer sa peur, même si concernant ma température, je ne pouvais malheureusement pas faire grand-chose.
_Ah, c'est donc toi, le nouvel Élu...soupira-t-elle d'un ton rassuré.
Oui, elle était aveugle. En même temps, de la part d'une créature sans yeux, cela paraissait assez logique...Mais en Oddworld, tout est possible, donc il vaut mieux toujours se méfier ! Eh oui, sauf exception, c'est la règle du «défie-toi de tout et de tous qui prime.» Mais dès que j'ai entendu cet être parler, je me suis immédiatement senti en confiance. Non, malgré son apparence, malgré les Paramites qui l'entouraient et qui semblaient lui obéir, ce n'était pas mon ennemie, j'en étais sûr. Et, croyez-moi, ce genre d'intuition m'a rarement trompé.
_N'aie pas peur de ces chipies, ajouta-t-elle. Elles sont comme leur mère : effrayantes, mais pas méchantes.
Je viens de vous dire qu'il ne fallait s'étonner de rien en Oddworld. Pas même de liens de filiation douteux, comme celui qui pouvait exister entre des Paramites et ma mystérieuse interlocutrice.
_Euh...donc vous me connaissez. Mais moi, je ne sais toujours pas qui vous êtes, remarquai-je d'une voix déjà moins assurée.
_Pas étonnant de la part d'un Bouche-Cousue...En fait, même les Mudanchee ne me connaissent pas vraiment, sinon ils ne diraient pas tant de mal de moi. Je suis Aranya, la gardienne de ce sanctuaire.
_Et c'est vous que je dois affronter ?
_Affronter ? répéta-t-elle, sidérée. D'où te vient cette idée stupide ?
_Euh...Ben, c'est un Mudanchee qui m'a dit que si je voulais pénétrer dans le temple...
_Eh bien c'est ce que je disais...Ah, vraiment, les Mudokons sont bien gentils, mais pleins de contradictions ! A ton avis, à quoi ça nous avancerait si on se tirait dans les pattes quand on est censés s'aider ? Car si tu es là, c'est bien que les tiens ont des soucis ?
_Si pour vous, le fait qu'on soit condamnés à devenir des amuses-gueule pour Glukons est un problème, alors oui, nous avons des soucis.
_Bon. Mes filles ne leur suffisaient pas, il leur faut en plus ton peuple. Effectivement, c'est grave.
_Alors vous allez m'aider ?
_Holà, ne te réchauffe pas trop vite. Mon aide se mérite un minimum, tout de même.
_Mais...
_Ce n'est pas d'une épreuve de force qu'il s'agit. Enfin, tu verras dans la prochaine salle.
_Vous allez me laisser passer ?
Aranya ne dit rien et s'écarta, me laissant la voie libre jusqu'à l'autre bout de la salle. J'ai traversé le chemin entre les deux groupes de Paramites d'un pas assuré. J'aurais eu cent fois le temps de me faire dévorer par une des Paramites ou par Aranya elle-même, ou de tomber dans un piège...Ce genre de joyeusetés que vous paraissez aimer mettre dans les vieux temples. Mais rien ne m'arriva. Sans un regard en arrière, une fois arrivé au bout de la salle, je poussai sur les grandes portes, et elles s'ouvrirent. Avant de pénétrer sans la salle suivante, je crus entendre quelqu'un me souhaiter bonne chance...
Et j'allais en avoir besoin. La salle dans laquelle j'entrai était entièrement occupée par une énorme Paramite. Quand je dis énorme, il faut me croire ! Elle emplissait toute la largeur de la salle !
Mais si j'avais appris une chose de ma rencontre avec Aranya, c'était qu'il y avait une quatrième option dans ce genre de cas : la discussion.
_Euh...Bonjour, dis-je, un peu tremblant, parce que tout de même, un spécimen pareil, je n'en avais jamais vu...
La Paramite écarta ses tentacules et la bouche au milieu se fendit de ce qui devait être un large sourire. Le petit sifflement aigu qu'elle poussa ressemblait à une façon de me rendre mon salut.
_Voyons...C'est... Euh, enfin...Vous ne sauriez pas, par hasard, où se trouve Big Face, un shaman Mudokon ? Il m'a semblé qu'il se trouvait quelque part ici...
Je crois que la Paramite me répondit par l'affirmative. Mais je n'ai jamais été un expert en langues, et elle pouvait tout aussi bien être en train de me dire «Va te faire voir, imbécile.» que je n'aurais pas vu la différence.
_Vous...pourriez me mener jusqu'à lui ?
J'eus la même réponse. En fait, ce n'était pas franchement un «oui». Du bout de ses tentacules, la Paramite semblait me désigner quelque chose...Je tournai la tête, et vis...
_Un oiseaux ! C'est lui qui va me mener à Big Face ?
Cette fois-ci, je crois qu'elle me répondit bel et bien «oui». J'ai donc envoûté l'oiseaux et j'ai sauté dans le cercle de lumière qui s'est formé...
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MessageSujet: Re: Oddworld : l'odysée d'Abe   Sam 6 Déc - 20:12

Chapitre 9 : La première marque

...Et je me suis retrouve dans la grande coupole du temple, celle qui, vue de l'extérieur, dominait la construction. Il n'y avait apparemment aucune issue. Et au milieu, derrière un grand autel de pierre, m'attendait Big Face. Il était en tous points identique au Mudokon masqué de mon rêve, vous vous souvenez ? Quand je suis tombé de la falaise, c'est lui que j'ai vu en rêve.
_Je vois que tu es parvenu ici sans encombres...constata-t-il.
Je fus obligé d'acquiescer. Même si j'avais sacrifié un Elum et eu de belles frayeurs (sur lesquelles je ne me suis pas trop étalé, histoire de ne pas donner dans le pathétique ou l'angoissant), j'étais toujours entier.
_Approche, Abe. Tu t'es montre digne de recevoir le sceau d'Aranya.
J'obéis, comme si j'étais hypnotisé. Et je posai la main à plat sur l'autel de pierre, sans trop savoir à quoi tout cela rimait. A cet instant, Big Face prononça des incantations d'une voix gutturale, et du sommet de la coupole jaillit une colonne de lumière qui alla frapper le dos de ma main. Je crus sur le coup que j'allais mourir, ou que mon cerveau aurait la présence d'esprit de me 'déconnecter' avant que mon corps n'explose. Mais rien de tout cela n'arriva. Le supplice dura deux minutes, sans doute les pires de ma vie. Chaque seconde qui passait ajoutait à la torture, mais je tenais bon. Je savais au fond de moi que cette douleur était nécessaire, et que c'était bien peu en comparaison de tout ce que pouvait endurer un esclave...Vous n'imaginez pas mon soulagement lorsque tout cela a cessé. La douleur avait disparu...Et mon doigt en plus aussi. Ma main droite, celle que j'avais présentée, était devenue semblable à celle d'un Mudokon normal, sauf que sur le dos de la main, j'avais un tatouage de Paramite identique à celui du Mudanchee, en modèle réduit. Je regardai ma main, stupéfié.
_A...A quoi tout cela rime-t-il ?
_C'est la première étape avant que tu n'acquières le pouvoir du Shyllkrug.
_Ah, superbe ! Vous venez de dire le mot, alors expliquez-moi, c'est quoi le Shyllkrug ?
_Rien moins qu'un dieu...dit le shaman d'une voix énigmatique.
Et je sus que je n'en tirerai rien de plus.
_Euh...Et comment on sort d'ici ? A moins qu'il ne me reste encore des épreuves à passer ?
Eh oui, j'avais remarqué que cette coupole n'avait aucune sortie, si on exceptait son sommet. Or, je ne me sentais pas d'humeur à escalader, surtout qu'il y avait au moins cinquante mètres entre le sol et le haut du dôme.
_Bah, ne t'en fais pas pour ça...Les oiseaux savent qui tu es, maintenant.
_Hein ?
_Peu importe le pétrin dans lequel tu te mets, ils devraient pouvoir t'en tirer, à présent. En fait...suis-je bête ! Ils le faisaient déjà, à leur manière. Oui, ne t'es-tu pas demandé comment faisaient-ils pour se trouver au bon endroit au bon moment ? Ils te suivaient à la trace, en fait, et je crois savoir qui les a mis sur ta piste...Bon, inutile de t'encombrer la cervelle avec ça. Tu verras à Scrabania de quoi je parle...
_Ah, non ! Pas de mystères, s'il vous plaît ! Je...Peut-être qu'à Scrabania, je serai mort, alors donnez-moi des explications tout de suite !
Big Face me paraissait assez âgé, et nous les Mudokons respectons profondément les aînés (d'ailleurs, vous voyez, je le vouvoyais. Oui, nos règles concernant le langage sont très élastiques). Jamais il ne me serait venu à l'idée de m'adresser à lui de manière aussi violente si je n'avais pas envie de savoir ce qui se cachait sous ses phrases tordues.
_Tu as raison, ce n'est pas chic de ma part de te laisser dans l'ignorance étant donnée la lourdeur de ta tâche. Mais il y a tant de choses à dire, si tu veux vraiment tout savoir, et à chaque seconde qui passe, ce sont peut-être dix Mudokons qui disparaissent dans les broyeurs de Rupture Farms.
J'ai failli dire «qu'importe, je veux savoir !», mais ç'aurait été oublier que les vies de Mudokons étaient en danger.
_Ce ne seront que quelques minutes, et je comprendrai ce que je fais ! rétorquai-je finalement.
Non, je n'ai pas agi en égoïste en disant cela. Du moins, je l'espérais.
_Dites-moi au moins ce qu'est le Shyllkrug.
_Je t'ai dit : un dieu. Et c'est tout ce que je sais. J'ai eu une longue vie, mais je n'ai jamais vu le Shyllkrug...
_Bon...Et qui donc met les oiseaux sur ma piste ? Ça, je suppose que vous le savez ?
_Oui. C'est la gardienne du temple de Scrabania, la déesse aux mille yeux. Elle est bien plus féroce qu'Aranya, et ses créatures aussi. Et je ne pourrai pas t'être d'une grande aide face à elle, elle ne tolère que la présence de l'Élu.
_Donc elle m'aide depuis le début, mais je risque de mourir à cause d'elle ?
_Si tu lui survis, tu seras invincible. Vois plutôt les choses comme ça. Il paraît que cette gardienne est très joueuse, dans le genre cruel, mais elle non plus je ne l'ai jamais vue.
_Et vous ? Qui êtes-vous ?
_Un simple shaman. Allez, ne traîne pas ici. Je vais te ramener à Monsiac.
_Pourquoi pas directement à Scrabania ?
_Ce sont les gardiennes qui mènent le jeu, Abe. Nous, nous sommes les pions, et nous devons obéir à leurs règles. En l'occurrence, te laisser aller à Scrabania par tes propres moyens.
_Vous croyez qu'elles autorisent d'y aller à dos d'Elum ?
_Je pense, oui. Allez, assez de bavardages. Tu es prêt ?
Il ne me donna pas le temps de répondre, et sous mes yeux, un oiseaux que je n'avais pas remarqué jusqu'alors se transforma en un cercle lumineux. J'y sautai le premier...
...Et je me retrouvai à Monsiac, au milieu du cercle des shamans. Osya m'attendait aussi.
_Ça a été rapide ! remarqua-t-elle, visiblement ravie de me voir revenir.
_Désolé, répondit Big Face, et je savais qu'il souriait sous son masque de bois. Mais la situation est grave, et il faut agir vite. Abe, prends le temps de te reposer, mais rappelle-toi que tu dois partir à Scrabania de toute urgence !
Je devais à la fois prendre mon temps et me dépêcher ? Quand je vous disais que les mystiques étaient tous un peu foldingues...Mais à peine avais-je commencé à me dire qu'un petit quelque chose à manger ne me ferait pas de mal qu'Osya m'entraînait dans je ne sais quelle direction en me tirant le bras.
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MessageSujet: Re: Oddworld : l'odysée d'Abe   Mar 9 Déc - 11:42

Super ! Encore, et dire que je croiyait que le temple c'est le dernier lieu ou allait Abe, la suite !^^
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MessageSujet: Re: Oddworld : l'odysée d'Abe   Lun 22 Déc - 11:42

Chapitre 10 : Un peu de repos.

Lorsqu'elle m'a enfin lâché, nous étions tous les deux tranquilles, dans une petite chambre au cœur d'un arbre, là où je me suis réveillé si mes souvenirs sont bons. Mais en fait, je ne suis sûr de rien...Vous savez, Monsiac, les immenses forêts et tout ça, c'était pour moi un univers vraiment nouveau auquel j'étais un peu étranger. Bon, c'est vrai que je n'ai pas beaucoup insisté sur cet aspect, parce qu'au moment où je vous raconte tout ça, je me suis quand même pas mal habitué à ces environnements tout en hauteur ou on se sent si petit...Et même un peu prisonnier quand on se retrouve entre les arbres géants et les bords du canyon. Mais je vous entends d'ici vous demander de quoi Osya et moi avons parlé, ne le niez pas !
Tout d'abord, elle m'a dit, avec une petite moue d'enfant :
_Euh...Je suis désolée de t'avoir expédié si vite; je veux dire, j'étais pressée de te voir partir, mais pas parce que...Enfin c'est que j'étais impatiente de te voir revenir, triomphant et tout, et en fait...
_En fait ?
_Je crois que je suis allée un peu vite en besogne. J'aurais au moins du te dire ce qui t'attendait...Les dangers et tout...
_Pas grave, j'ai survécu sans. Tu avais autre chose a me dire en privé ?
_Nan, mais puisque tu es là... tu pourrais pas me dire ce qui t'est arrivé après ton départ ? Je veux être la première a entendre ton récit !
_Espèce de gamine !
_Allez, comme ça, ça t'entrainera a raconter tes aventures !
Qui aurait cru que ça allait m'être utile ? En fin de compte, je me suis plié a ses désirs, et j'ai commencé mon récit par le plus logique...
_Eh bien après que tu m'aies...hm...
_ Forcé à partir ?
_Ouais...Donc après ça, j'ai rencontré un Mudanchee. Et...ben franchement, je ne vois pas ce que tu leur trouvais ! Peut-être que c'était un cas particulier, mais il m'a donné des infos et tout...
_C'est peut-être parce que tu es l'Élu. Moi, par exemple, ils me traitaient comme une moins-que-rien...
_Peut-être, oui. Il s'est tout de suite radouci en voyant mes mains.
_Ben voilà. Il va falloir que tu te décides à comprendre que tu n'es pas comme les autres Mudokons. Ou en tout cas, qu'on ne te traitera pas de la même façon. Bon, et qu'est-ce qui t'est arrivé après ?
_Je suis reparti vers le temple, et là...euh...
_Tu t'es fait attaquer.
_Oui.
_Par des Paramites.
_Oui.
_Et tu as appliqué ma stratégie.
_Non.
_Comment ça, non ? Mais alors...Comment as-tu fait pour leur échapper ?
_En fait, au moment où je me suis rendu compte qu'il y en avait, j'étais trop loin de l'Elum pour pouvoir avoir le temps d'aller chercher de la viande et de les attirer loin de moi sans me faire tuer...
_Donc ?
_Je les ai laissé bouffer l'Elum.
Osya resta sans voix pendant dix secondes. Et je réalisai que j'avais manqué de tact...
_Ce n'est pas grave, tu sais, mentit-elle. (j'ai su qu'elle me mentait parce que ses yeux brillaient, et je crois que je n'ai pas besoin de vous dire pourquoi.) C'est...je suis vraiment sur les nerfs en ce moment. Je veux dire, que je pleure pour un Elum alors que son sacrifice t'a permis de rester en vie...
_Tu y tenais, c'est ça ? demandai-je alors que j'avais déjà une idée de la réponse.
Et je dus me contenter de cette idée, car Osya ne me répondit pas.
_Continue, ordonna-t-elle doucement après un court moment de flottement.
_Après, j'ai réussi à entrer dans le temple.
_Et tu as passé les Épreuves ? En quoi consistaient-elles ?
_A ne surtout pas paniquer. Ce n'était pas une question de force, de ruse ou quoi que ce soit...
Osya me regarda avec des yeux ronds.
_J'ai l'impression que tu n'es plus le même depuis que tu es revenu...On dirait que tu es moins trouillard, soupira-t-elle. Bon, et que t'est-il arrivé ?
_J'ai fait connaissance avec la gardienne des lieux, Aranya.
_Oh, par tous les...Aranya ! J'avais oublié de te parler d'elle, alors que...
_Du calme, du calme. Elle m'a laissé passer.
_Mais...comment ? Elle t'a laissé entrer dans le sanctuaire, sans contrepartie ?
_Oui.
_Bon, je sais qu'il ne faut jamais s'étonner de rien, et a fortiori avec les Immortelles...Mais tout de même, ça, c'est vraiment bizarre...
_Elle avait l'air de penser que ce serait déjà assez difficile pour moi.
_Ça, c'est sûr ! Tu vois comment sont les Scrabs ?
Orgueilleux, féroces, très attachés à leur territoire. Voilà comment, en quelques mots, on pouvait résumer les Scrabs. Vous les ai-je déjà décrits ? Non, je crois...Bon, il n'y a pas grand-chose à dire sur eux, car ils sont facilement reconnaissables : si vous avez en face de vous une créature de deux mètres de haut, protégée par une carapace rouge, avec une sorte de long bec recourbé vers le haut et quatre pattes courtes et robustes pour porter le tout, c'est que vous êtes en face d'un Scrab. Et si vous êtes à moins de dix mètres de lui et qu'il vous regarde en grognant, c'est également la dernière chose que vous aurez vue de votre vie.
_Eh bien la gardienne de Scrabania est pire que ses bestioles.
_Vraiment ? Et comment tu le sais ?
_C'est ce que racontent les Mudomo. Ils disent qu'elle a elle-même dévoré tous les Mudokons qui ont tenté de pénétrer dans son temple.
_C'est pas une tendre, alors ?
_Non.
_Bon...Et les Scrabs, à part les laisser foncer dans un mur, on ne peut pas s'en débarrasser ?
_Il faut courir plus vite qu'eux.
_Et c'est faisable, ça ?
_Pour un Elum, oui.
_Ok...Donc tu serais prête à me laisser un autre Elum, même s'il y a de fortes chances pour qu'il finisse comme le premier ?
_Oui. Tu sais...Pour tout te dire, on en a trop ces derniers temps, mais à part les laisser se faire dévorer, on n'a pas trente-six mille façons de s'en débarrasser...Ils sont immangeables !
_A ce point-là ? Bon, ben j'aurais moins de remords à te demander d'en seller un autre...
_Pas tout de suite. Repose-toi d'abord.
Elle était en train de me donner un ordre. Sans même se rendre compte que j'étais toujours assez frais pour affronter les dangers d'un voyage à Scrabania.
_Mais...j'en ai pas besoin, tu sais...protestai-je faiblement.
Faiblement, car c'est dur de s'opposer à une femme comme Osya. Ne me forcez pas à vous expliquer pourquoi, s'il vous plaît !
Donc j'ai joué son jeu. Je me suis allongé sur le lit qu'elle me désignait, et j'ai fermé les yeux. Puis je l'ai entendu s'éloigner, mais à ce moment-là, c'était trop tard, je commençais à m'endormir. Finalement, elle avait raison, j'avais besoin de sommeil.
Je ne sais pas combien de temps j'ai dormi, mais en tout cas, c'était agréable. Au début, en tout cas...J'avais commencé à rêver d'un monde coloré où les Glukons et leurs larbins n'existaient pas, lorsqu'un Scrab arriva en rugissant, suivi par une bonne dizaine de ses congénères...
Et à ce moment-là, je me suis réveillé gelé. Osya était à nouveau penchée sur moi.
_Eh bien, tu t'es vraiment endormi finalement. Tu as fait un cauchemar ?
_Je crois, oui. J'ai dormi longtemps ?
_Assez, oui. Tu as faim ? Parce que te laisser partir à Scrabania le ventre vide, ce serait t'envoyer à la mort...
J'ai failli lui répondre «je ne sais pas.» Une des règles d'or que tout esclave se devait de respecter, c'était de ne jamais écouter son corps, sinon, c'était beaucoup d'ennuis en perspective. Donc j'ai répondu 'oui', sans savoir si c'était vrai.
_Ok. Reste là, je t'apporte de quoi manger.
J'ai attendu quelques minutes tout seul, le temps qu'elle amène une grande rondelle de bois sur laquelle étaient posés en équilibre instable des fruits, une carafe remplie d'eau, et surtout...un bol de miel !
_Je suppose qu'à part l'eau, tu n'as jamais rien goûté de tout ça ? demanda-t-elle avec un petit sourire.
_Si ! répondis-je fièrement. A Paramonia, j'ai eu l'occasion de manger du miel...
_Je vois. Mais tu n'as jamais vu, ni mangé aucun de ces fruits, n'est-ce pas ?
_Non.
_Parfait. Ça, c'est un mangoustan (elle désigna un gros fruit violet en forme de boule.). Ça...(elle me montra un énorme fruit brun clair couvert de gros piquants) c'est un durion. Et ça, ce sont des longanes (elle posa la main sur une grappe de petites boules marron). Si tu veux mon avis, ce sont les meilleurs.*
_Euh...Ben je crois que je vais prendre du durion...
_Ok ! Attends le temps que je te le prépare...
Elle sortit un petit couteau d'un repli de sa tunique, puis prit dans le creux de ses bras le gros fruit, et franchement, je n'aurais pas aimé être à sa place, car les piquants semblaient durs et douloureux. Mais Osya savait ce qu'elle faisait. Entre les pics, elle fit de profondes entailles dans l'écorce du fruit, puis arracha une des sections qu'elle avait ainsi créées, et me la tendit. Une odeur violente me frappa alors les narines. C'était une senteur très forte, qui ne ressemblait à rien de ce que je ne connaissais...Pour vous donner une idée, c'était si fort que j'ai failli tourner de l'œil. Pourtant, c'était loin d'être une odeur désagréable...Les surprises ont continué lorsqu'Osya m'a tendu ma part...j'ai vraiment été surpris par la couleur jaune de la chair du durion, et encore plus par sa consistance : elle était molle, un peu comme de la crème...Et c'était finalement très bon.
_Alors, satisfait ? s'enquit Osya en arrachant à son tour une part pour elle.
_C'est délicieux !
_Contente que ça te plaise. J'aurais aimé pouvoir t'en donner pour le voyage vers Scrabania, mais ça ne se conserve pas, ce genre de chose...
A nous deux, nous avons complètement fini le durion. Ce qu'il y a de terrible avec ce fruit, c'est que son goût ne plaît pas forcément, mais une fois qu'on y a goûté, on ne l'oublie pas. Moi, j'en redemandais. Mais Osya ne semblait pas déterminée à prolonger ma pause...
_Allez, le devoir t'appelle ! s'exclama-t-elle soudainement. Vas montrer à ces Scrabs ce que tu vaux !
_Mais...Et les autres ? Je ne devais pas leur raconter ce qui m'est arrivé ?
_Bah, je transmettrai tout. Tu feras ton récit une fois revenu de Scrabania...Si tu reviens !
_Ok, merci pour l'optimisme...
Et, comme à son habitude, elle me prit le bras et m'emmena à l'enclos à Elums. Elle m'aida à m'installer sur le dos de l'un d'entre eux, et le fit partir au triple galop.
Cette fois-ci, j'eus quand même le temps de l'entendre me crier : «Au revoir et bonne chance !»

*Pour l'histoire des fruits, j'ai utilisé mes fruits préférés...En pensant que peu de gens ici les connaissaient...
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MessageSujet: Re: Oddworld : l'odysée d'Abe   Ven 26 Déc - 14:57

Chapitre 11 : Scrabania

L'Elum s'est arrêté à la croisée des chemins, et je le fis s'engager au pas sur le sentier menant à Scrabania. Peu à peu, le paysage changea autour de nous : les arbres se raréfiaient car nous approchions des bords du canyon. Même le sol changeait : de plus en plus, il y avait par terre une espèce de sable rouge dans lequel ma monture laissait de profondes traces. Le chemin se faisait de plus en plus étroit, et commença rapidement à serpenter le long du versant ouest du canyon, face au versant est sur lequel étaient bâties les usines de Rupture Farms. J'eus un frisson lorsque, après de longues heures de montée sous un soleil de plus en plus insupportable, je vis en face de moi le complexe industriel où j'étais né, où j'avais grandi...Et où des centaines de Mudokons et de Mudokoa risquaient d'être hachés menu en récompense de leurs bons et loyaux services. Vous voyez, c'est votre principe de la "société de consommation" poussé à l'extrême : nous travaillons comme des bêtes avec pour seul salaire une nourriture avariée, un pagne déchiré pour tout vêtement, et un sol dur et sale pour tout lit, et nous sommes destinés à finir sous forme de steaks. Pitoyable, non ? Alors franchement, un conseil...arrêtez vos usines avant qu'il ne soit trop tard, sinon vous finirez comme ici ! Enfin, non. Peut-être pas, si vous êtes aussi intelligents que vous le prétendez. Et puis...Je laisse tomber. Je ne vais pas vous faire la morale, d'autres s'en chargeront et le feront sans doute mieux que moi. Moi, tout ce que je veux, c'est...Oh, vous verrez bien.
Bref, après avoir contemplé pour la première fois (enfin, contempler est un bien grand mot) Rupture Farms de loin, je continuai à suivre le sentier qui longeait le bord du canyon. Là, je n'eus pas le moindre comité d'accueil, hospitalier ou pas. Ça me pesait un peu, vous savez, une solitude pareille, dans un environnement aussi immense, aussi féroce, aussi sauvage...Je n'avais jamais connu ça. Sans parler de cette question essentielle qui me tiraillait de plus en plus à mesure que je suivais cet interminable sentier dans ces terres arides et désolées : "Est-ce le bon chemin ?" Car rien n'indiquait qu'il y avait un temple ici. Rien n'indiquait non plus qu'il y avait de la vie. Je ne voyais rien qui ressemblait à un être vivant autour de moi, mis à part l'Elum. Et autant Osya s'était montrée très prévoyante pour Paramonia, alors que ce luxe de précautions n'avait servi à rien ou presque, autant elle ne m'avait rien donné pour ce voyage-ci alors qu'une bonne gorgée d'eau fraîche n'aurait pas été de refus, d'autant plus que je sentais le goût sucré du durion remonter dans ma gorge au point de me rendre malade...Alors essayez d'imaginer ma surprise lorsqu'en plein milieu du chemin, l'Elum s'arrêta devant...un oiseaux ! J'ai tout de suite pensé qu'il allait m'amener au temple. Après tout, Big Face avait dit qu'ils intervenaient pour me mettre hors de danger...Et qu'ils agissaient pour le compte d'une gardienne cruelle, dont je n'avais pas vraiment compris le rôle. Bref, j'ai, comme à mon habitude, envoûté l'oiseaux, et j'ai sauté dans le cercle de lumière qui s'était formé, suivi par mon Elum...
Et lorsque je suis réapparu, j'étais tout seul. Enfin, pas exactement : l'Elum m'avait suivi, mais...âmes sensibles, attention, il s'est retrouvé transformé en bouillie. Au sens propre. Apparemment, les oiseaux ne laissaient passer en leur sein que les Mudokons. Je m'en suis rendu compte lorsque j'ai marché dans une grosse masse rouge et sanguinolente qui a fait "flotch" quand j'ai posé le pied dessus...Euh, bon, même sans les détails, je crois que vous aurez compris que j'ai failli rendre les maigres restes de ma collation. Mais j'ai vite repris mon sang-chaud (je vous ai assez expliqué ce que signifie pour nous "garder son sang-froid", il fallait donc que je trouve un équivalent Mudokon...) et, le temps que mes yeux s'habituent à l'obscurité ambiante, j'ai commencé à essuyer les morceaux d'Elum collés sous mon pied. Pas tellement pour des questions de propreté, simplement parce que je savais par expérience que des tripes dans cet état pouvaient être plus glissantes que du savon noir. J'avais une fois glissé comme ça à cause d'entrailles de Scrab répandues par terre, et j'avais failli me casser le dos, donc maintenant je suis prudent. Comment ça, "dégoûtant" ? Je pensais que vous vous douteriez que ma vie n'a pas été très facile, donc arrêtez ces grimaces et laissez-moi continuer, ou allez-vous en ! Mais dans les deux cas, cessez de m'interrompre à tout bout de champ pour des commentaires aussi stupides...
Ok, retour à l'histoire proprement dite. Même si j'arrive à une partie assez désagréable...Car j'étais assez naïf pour penser que les temples de Scrabania et Paramonia étaient bâtis sur le même modèle et que la seule vraie Épreuve serait face à la gardienne. Je l'ai cru parce que je me suis retrouvé dans une salle circulaire, avec huit couloirs et deux portes, comme à Paramonia. Les deux portes étaient fermées, bien sûr. Qu'à cela ne tienne ! Je me suis avancé d'un pas assuré dans l'un des couloirs, pas le moins du monde intimidé par le noir total qui y régnait. Enfin, pas intimidé, jusqu'à ce que j'entende au bout du couloir un rugissement tristement reconnaissable : je crois que vous aurez compris qu'il s'agit du cri du Scrab qui, s'il n'a pas trouvé un repas, a au moins repéré un intrus à massacrer sauvagement. Alors, fuite, affrontement, envoûtement ou dialogue ? Bon, le dialogue avec un Scrab, ça se résume aux cris d'agonie lorsqu'il vous déchiquette et à ses rugissements triomphants. Donc, pas de dialogue. L'envoûtement, c'était une possibilité, mais il fallait faire vite dans ce cas car un Scrab qui a trouvé quelque chose à tuer peut fondre sur vous en moins de temps qu'il n'en faut pour hurler de terreur. L'affrontement, n'y songeons même pas. Je finirais encore plus en purée que l'Elum. Quant à la fuite, il y avait une condition essentielle pour cela : courir au moins aussi vite qu'un Scrab, ce qui était loin d'être mon cas. Donc, la seule solution envisageable était l'envoûtement. J'eus le temps de m'emparer du Scrab, car il mit du temps avant de me repérer. En effet, les Scrabs comptent presque exclusivement sur une vue sur-développée, car ce sont des créatures du désert, peu adaptés aux souterrains obscurs d'un temple comme celui de Scrabania. Et si seulement vous saviez ce que ça fait de se retrouver dans le corps d'un Scrab...Je crois que j'avais rarement ressenti une telle puissance. Un Scrab, vous voyez comment c'est, c'est une bête majestueuse, et se retrouver soudain grandi de deux mètres, dans ce corps fier et puissant, c'est...du pur bonheur. Mais il fallait que je me débarrasse vite de ce Scrab. Ne serait-ce que de manière provisoire. Heureusement pour moi, le Scrab dont je m'étais emparé était seul pour garder l'espèce de carillon, vous vous souvenez ? Celui qui, une fois envoûté, permettait d'ouvrir les portes fermées. Finalement, j'ai trouvé une solution : ordonner au Scrab de foncer dans le mur, avec une telle violence que son bec y resta coincé. Juste le temps nécessaire pour que je réintègre mon corps, que je me serve de la boule et que je m'enfuie en courant. Comme je l'espérais, le Scrab ne me poursuivit pas.
Finalement, c'était un peu la même chose qu'à Paramonia, avec juste un petit peu d'adrénaline en plus : à quelques détails près, j'activai les sept autres carillons de la même manière que le premier. Quoi qu'il en soit, à la fin, le résultat était le même : je passai la grande porte qui s'était ouverte...
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MessageSujet: Re: Oddworld : l'odysée d'Abe   Sam 27 Déc - 10:32

Je vous en conjure, admins et modos de Witch-Girl, pardonnez-moi ce triple-post, je veux boucler cette fic pour attaquer sa suite...

Chapitre 12 : Argyne et le Shyllkrug

....Et je me suis retrouvé dans une immense salle plongée dans la pénombre. Je n'arrivais même pas à distinguer les parois. Au milieu de cette salle, quelque chose brillait d'une étrange lueur bleue, mais je n'arrivais pas à déterminer quoi.
_J'étais impatiente de te rencontrer en face, dit une voix doucereuse dont je ne pouvais pas situer l'origine. Au point de te mâcher le travail.
_Qui...Qui est là ?
_En général, c'est au maître des lieux de poser ces questions. Pas à celui qui arrive. Mais pour toi, je veux bien faire une exception...
A peine la voix se fut-elle tue que l'obscurité se dissipa presque entièrement, révélant, au milieu de la salle, une silhouette de la taille d'un Scrab. Sauf que ce n'était pas un Scrab, mais vraiment pas du tout ! C'était une femme, portant une longue robe d'un rouge provocateur qui contrastait violemment avec toutes les couleurs ternes qui avaient défilé sous mes yeux. Elle avait la même allure hautaine et orgueilleuse qu'un Scrab, mais c'était tout ce qu'elle avait de commun avec ces animaux. Déjà, tout son corps n'était pas recouvert par une carapace rouge, mais par un long pelage ambré, sauf ses mains, de longues mains décharnées terminées par des griffes démesurées. Et sa tête...Elle avait une tête allongée, avec une mâchoire puissante, sans doute capable de m'écraser le crâne comme une noix. Derrière elle, une longue crinière dorée formait comme un voile. Mais le pire, c'était sa queue, ce grand serpent qui ondulait lentement derrière elle. Un cinquième membre deux fois plus long que le reste de son corps, terminé par une sorte d'aiguillon de la taille d'un croc de Scrab. Elle devait avoir là-dedans une force incroyable, même si je n'avais pas envie de le vérifier.
Je me suis retenu de vouloir m'enfuir en courant, mais c'était limite. Non, face à ça, je n'avait qu'une option : le dialogue.
_Qui êtes-vous ?
_Argyne. La gardienne de Scrabania
En un millième de seconde, je me retrouvai à même pas un mètre d'elle, sa longue queue enroulée autour de moi. Il suffisait qu'elle resserre légèrement son étreinte pour me broyer les côtes.
_Et tu as intérêt à te montrer convaincant si tu veux rester en vie.
Je vis enfin la chose brillante qui avait attiré mon attention : c'était un des yeux d'Argyne, un énorme œil bleu au milieu de son front, qui me fixait avec une telle intensité que je crus que j'allais m'évanouir. Ses deux autres yeux étaient réduits à de simples fentes noires éclairées par une lueur féroce. Il fallait que je soutienne ce triple regard. Sinon, elle me tuerait, j'en étais certain.
_Alors réponds-moi sincèrement : qu'es-tu venu chercher ici ?
Que pouvais-je lui répondre ? Une vérité absurde, ou un mensonge ? Mais comme elle avait dit «sincèrement», je me sentis obligé de dire la vérité.
_Je ne sais pas...Depuis que je suis arrivé à Monsiac, je contrôle plus rien...Je vous jure que c'est vrai ! Je n'ai pas la moindre idée de ce qu'est le Shyllkrug, ni de...
Brusquement, Argyne me lâcha et me laissa tomber. Je crus qu'elle allait en profiter pour me dévorer, comme elle l'avait fait pour les autres...
Mais elle se contenta de s'agenouiller près de moi.
_Tu es sans doute le premier à répondre sans tenter de dire n'importe quoi. C'est déjà une bonne chose.
_Pardon ?
_Aucun Mudokon, même les shamans, ne sait ce qu'est le Shyllkrug. Aucun n'a idée de ce que renferment nos sanctuaires. Autrement dit...si tu avais essayé de mentir, je l'aurais su tout de suite et tu serais mort.
Comme quoi, être honnête, ça peut parfois être utile.
_Il n'y avait qu'un imbécile ou le vrai Élu pour ne pas vouloir cacher son ignorance. Et puisque tu as déjà reçu la marque d'Aranya...Je vais te donner la mienne. Fais voir ton autre main.
J'obéis, mais je n'étais toujours pas rassuré par cette créature penchée sur moi. Pourquoi fallait-il qu'on me l'ait décrite comme une sadique, alors qu'elle se montrait presque gentille avec moi ? Presque, parce qu'accueillir quelqu'un en menaçant de l'écraser, ce n'est pas très gentil. Pas ici, en tout cas; en ce qui vous concerne, je ne sais pas. Enfin, vu comment vous réagissez quand je parle de tripailles répandues partout par terre...Mais là, ce n'est pas vraiment le sujet.
Argyne s'est entaillée le bras, puis a recueilli sur le bout de son aiguillon le sang noir qui coulait de cette plaie. Puis, toujours avec cet aiguillon, elle a commencé à tracer un motif sur le dos de ma main, se servant de son propre sang comme pigment. Je commençais à me demander à quoi tout cela rimait, lorsque je ressentis une atroce douleur, comme si elle venait de me verser de l'acide sur la main. Je n'osais même pas regarder le dessin s'imprimer lentement sur le dos de ma main, pendant qu'Argyne étoffait un peu le motif. C'était moins douloureux qu'avec Aranya, mais ici, la douleur était plus sournoise, si vous voyez ce que je veux dire. J'avais l'impression qu'elle se diffusait lentement mais sûrement dans tout mon bras. La douleur ne cessa que lorsque la gardienne, apparemment satisfaite de son ouvrage, me força à me relever, en me regardant avec impatience.
_Euh...oui ?
Non, décidément, je crois que son regard me mettra toujours mal à l'aise, malgré tous les services qu'elle m'a rendus par la suite. Surtout que je commençais à croire qu'elle se demandait à quelle sauce elle allait me manger, étant donné qu'il ne se passait rien...ou presque. J'avais, depuis qu'elle m'avait fait mon deuxième tatouage (et que mes deux mains avaient trois doigts), l'impression diffuse que quelque chose grandissait en moi. Comme si j'avais dans la poitrine une plante sur laquelle on avait versé un sac entier d'engrais. Et puis soudain, la plante se mit à pousser (désolé pour cette métaphore aussi incompréhensible qu'inutile, mais il fallait bien que je continue sur ma lancée). En d'autres termes, tout mon corps se transforma. J'eus tout d'abord la sensation que je gonflais, pas comme un ballon de baudruche, mais comme si je grandissais à vitesse triple V. Je vous ai dit que posséder un Scrab, c'était du pur bonheur, non ? Eh bien se transformer en un hybride de Scrab et de Paramite (imaginez un Scrab auquel vous auriez greffé les pattes avant d'une Paramite et son espèce de main autour de la bouche...), c'était ...indescriptible ! Cette fois-ci, je ne me contentais plus d'investir la chair d'un autre être, c'était mon propre corps qui acquérait une puissance que je sentais presque infinie...C'était ça, le pouvoir du Shyllkrug : donner à son hôte le pouvoir d'un dieu.
Alors si vous pouviez seulement imaginer ma déception lorsque mon corps a repris sa forme normale...Après, vous cesseriez de vous plaindre parce que vous avez eu «12 en maths» ou qu'on vous a traité de «vieille peau». Si se transformer en Shyllkrug, c'était le «nirvana», redevenir soi-même juste après, c'était l'enfer.
_Désolée, dit Argyne sans trop de conviction. Mais tu auras plus d'une fois l'occasion de profiter vraiment de sa puissance. Seulement, là, il faut faire vite.
_Vous allez me ramener à Monsiac ?
_Trop long. L'opération 'New'n'Tasty' a été lancée. Cinq Mudokoa sont mortes et une dizaine ne vont pas tarder à suivre. Il faut profiter de ce que la suite de la chaîne de production n'est pas encore au point pour frapper maintenant !
_Comment le savez-vous ?
_Parce que j'ai ce don très particulier de pouvoir tout voir en Oddworld...Cela fait longtemps que je t'observe, tu sais ? Depuis le jour où tu as réussi à t'attirer l'amitié d'un Slig...C'est moi qui t'ai aidé à t'échapper, grâce aux oiseaux.
_Oui, c'est ce que Big Face m'a dit.
_Et tu aurais du dire à l'Elum de t'attendre. Les oiseaux ne peuvent transporter que les êtres qui leur sont apparentés. Vous, les Mudokons, vous descendez des oiseaux, ajouta-t-elle pour anticiper ma question.
_Ah...C'est bon à savoir.
Et puis soudain, ce qu'Argyne avait dit une minute plus tôt me sauta au visage.
_Des Mudokoa sont mortes ? Mais alors il faut faire vite ! Très vite !
_Enfin, il vient de comprendre...Saute là-dedans, ajouta-t-elle en désignant un cercle d'oiseaux. Je te guiderai.
_Comment ?
_Grâce au Shyllkrug...Allez, Abe ! Si tu ne peux pas libérer tous les esclaves Mudokons d'Oddworld, sauve au moins celles qui vont mourir !
Comment connaissait-elle mon nom alors que je ne lui avais jamais dit ? Mais si elle pouvait vraiment tout voir, alors cette question n'avait pas lieu d'être...
Je ne dis rien de plus même s'il y avait à Monsiac une personne que j'aurais bien aimé revoir, et j'envoûtai l'oiseaux pour former un portail...Direction Rupture Farms et le dernier acte de mon oddysée.


Dernière édition par Angeal le Ven 16 Jan - 15:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Oddworld : l'odysée d'Abe   Mar 30 Déc - 21:37

Desolee pour ce quadruple-post, cela n'arriverait pas si quelqu'un daignait commenter cette fic...

Chapitre 13 : Retrouvailles

Je me suis retrouvé pour la seconde fois dans les entrepôts à carcasses. Pas âme qui vive. Juste la puanteur des cadavres de Paramites et de Scrabs.
C'était étrange de retrouver comme ça les odeurs dans lesquelles j'avais grandi, après avoir respiré l'air pur de Monsiac. Les relents de pourriture et d'huile rance m'ont pris à la gorge comme si c'était la première fois que je les sentais.
_Bouh ! fit une voix derrière moi.
J'ai essayé de paraître calme, mais le cri que je poussai en me retournant parlait de lui-même.
_Eh, du calme. C'est moi.
Ben ! Mon copain Ben, vous vous souvenez ? Sans doute le seul Slig avec qui on puisse tenter le dialogue...Et le seul dont je pouvais avoir le soutien. Accessoirement, c'était aussi le seul ami que je m'étais fait à Rupture Farms. J'avais donc eu une chance incroyable de tomber sur lui.
_Ben ! Qu'est-ce que tu fais ici ?
_Figure-toi que c'est pas un hasard !
_Hein ?
_Tu sais bien que c'est le branle-bas de combat depuis que tu t'es enfui avec d'autres Mudokons (Ben était l'un des rares Sligs à ne pas appeler les Mudokons «les esclaves»). Et figure-toi que dans la cohue, j'ai eu l'impression que quelqu'un m'appelait et m'ordonnait de t'attendre ici. Bon, ben j'ai obéi...Et c'est là que je t'ai vu sortir d'un grand cercle lumineux !
Allez savoir pourquoi, j'étais presque certain de savoir qui avait ainsi guidé mon ami.
_Viens ailleurs, conseilla le Slig. La surveillance a été renforcée pour éviter que d'autres Mudokons ne t'imitent, alors si on nous pince...on est dans la merde !
Il me mit à l'abri derrière les fameux blocs réfrigérants qui pouvaient nous mettre hors de portée de la Thermie des Sligs. Heureusement que Ben avait une visière et des écouteurs qui le rendaient capable de me voir et de m'entendre, car sinon, comme dans les premières années de notre amitié, lorsqu'il n'était qu'un Slig modèle standard, il aurait été incapable de "sentir" ma présence.
_Alors, qu'est-ce qui t'est arrivé depuis que tu as filé ? Au fait, pourquoi es-tu revenu ?
_J'ai une mission.
_Sans blague !
_C'est sérieux.
_Alors désolé, mais il faudrait que tu m'expliques en détail ce qui t'est arrivé pour que je te croie.
_Si tu veux...Tu es sûr qu'on ne risque rien ici ?
_Pas plus que quand on se cachait ici pour faire des crasses à Flicaloué. Tu te rappelles ?
_Ouais, mais on n'est plus du temps de Flicaloué.
_Bah, on s'en fout ! Personne ne pensera à nous chercher ici, si ?
_Flicaloué, peut-être.
Ah, il faut quand même que je fasse une parenthèse sur Flicaloué. Il était génial, ce type. Enfin, on rigolait bien avec lui. Ou plutôt, on rigolait de lui. C'était un Slig, vous savez, le genre "vieux croûton qui a tout vu et tout bravé", et on s'amusait à lui faire des farces, souvent cruelles, je dois dire. Et comme il ne trouvait jamais les responsables de ses ennuis divers (ses jambes mécaniques disparaissaient ou se retrouvaient complètement bloquées, le canon de fusil était bourré de viande pourrie, des cuves d'acide se renversaient "accidentellement" non loin de lui...), nous avions pendant longtemps continué nos "plaisanteries" en toute impunité, même s'il avait fini par avoir des soupçons nous concernant. Et c'était le seul Slig assez méticuleux pour être capable d'aller chercher un Mudokon dans des endroits où sa Thermie était inefficace.
_Il est mort.
_Ah ? Bon, ben t'as raison...personne. Ok, alors, qu'est-ce que tu veux savoir ?
_Tout ! Comment tu t'es échappé, ce que tu as fait ensuite...
Il jeta un bref coup d'œil aux tatouages qui ornaient mes mains.
_...Et d'où te viennent ces trucs.
_Attention, c'est long.
_Pas grave ! Tu as un rendez-vous ?
_Non, mais si on traîne trop...
_Rassure-toi...Tu vas pas me croire, mais un bug a momentanément stoppé la chaîne de production du 'New'n'Tasty'.
_Tu t'es lancé dans le sabotage ?
Décidément, Ben avait changé d'échelle. Ce n'était plus le "caleçon" (autre nom des prothèses des Sligs) d'un pauvre Slig qui ne nous avait rien fait qu'il mettait hors-service, c'était carrément toute une partie des usines de Rupture Farms ! Décidément, c'était sans doute un de mes meilleurs alliés.
_Je dis pas que c'est bien de décimer les Paramites et les Scrabs. Mais franchement, se faire du fric avec des Mudokoa...C'est ignoble ! affirma-t-il en se relevant d'un coup.
_Alors on est du même avis !
_J'ai fait un truc pour toi, fais-en un pour moi : dis-moi tout !
_Ok. Donc après mon échappée...un peu facile d'ailleurs...
_Ah ? Comment ça ?
_Disons que je me suis découvert le don très particulier de pouvoir m'introduire dans la tête des Sligs pour les faire obéir à mes ordres. Donc méfie-toi si tu veux me faire une crasse.
_Aïe ! Ok, je me tiendrai à carreaux maintenant !
_Après mon échappée, disais-je, je me suis enfui par les enclos à bestiaux. Et puis tu vas pas me croire...
_Si tu commences comme ça, y a peu de chances, en effet.
_Je suis tombé au fond du canyon, et j'ai survécu !
_Sacré veinard !
_Et puis...Je me suis retrouvé au paradis. Dans un village libre, dont les habitants n'ont jamais travaillé comme nous ici. Ils sont libres, je te dis !
_Ouais, génial ! Faudra que tu m'y emmènes...
_Euh...Je ne sais pas ce qu'ils feraient à un Slig.
Osya n'avait encore jamais fait allusion aux Sligs, mais je pense qu'elle devinerait assez facilement que la plupart d'entre eux sont dans le camp des industriels. Et j'avais vraiment peur que Ben ne subisse un lynchage en règle mené par des Mudokons aux positions un peu trop radicales.
_Bah, je plaisantais, soupira mon ami en voyant ma mine déconfite. Et qu'est-ce qu'ils t'ont fait, dans ce village libre ?
_On m'a envoyé me faire tatouer dans des temples où vivaient des Paramites, des Scrabs et des femmes avec qui il valait mieux pas plaisanter.
_Pourquoi ?
_L'une d'elles se faisait obéir des Paramites, et l'autre était aussi grande et féroce qu'un Scrab.
J'aurais du préciser "mais douce comme du miel avec moi, l'Elu", mais je crois que mon "oubli" m'attira davantage de considération de la part de Ben.
_Aïe aïe aïe ! Effectivement, elles sont redoutables, ces nanas ! Et ce sont elles qui t'ont fait des dessins sur les mains ?
_Des tatouages ! Et grâce à ça...j'ai acquis un pouvoir impressionnant !
_Tu peux me le montrer, ce «pouvoir» ? A moins que ce ne soit un super-truc pour tuer les Sligs ? Parce que si c'est le cas, je crois que je ne testerai pas...
_Non. Tu verras.
Je ne savais pas encore trop ce dont était capable le Shyllkrug. Et s'il y avait le moindre risque que je perde le contrôle et que je mette en danger la vie de Ben...mieux valait que je ne songe même pas à me transformer ici.
_Et donc, c'est quoi ta mission ?
_Trouver Molluck et lui botter le train !
_Pardon ?!
Je vous jure, ce n'est pas moi qui ai parlé. Enfin si, mais...cette bêtise ne venait pas de mon cerveau. Je veux dire, moi qui ne suis devenu ambitieux que par nécessité, jamais je n'aurais le courage (ou la folie) de m'élever contre mon ancien patron. Ce n'était pas que je le respectais profondément, mais jamais l'idée de m'en prendre directement au responsable le plus haut gradé ne m'avait effleuré l'esprit.
_Oublie, me ravisai-je. Je veux juste libérer tous ceux et celles qui sont en danger ici.
_Noble but ! Mais je crois que tu as raison. Si on bute Molluck, c'est tout Rupture Farms qui part en morceaux.
_J'ai pas dit ça sérieusement ! Oublie, je te dis !
_Non, je n'oublie pas !
_Mais enfin, tu ne songes pas vraiment à tuer Molluck ?
_Ben si, pourquoi ? Qu'est-ce que tu crois ? Que parce que je suis un Slig conditionné pour servir, je voue un respect aveugle à mon boss ? Eh, pour qui tu me prends ? Tu crois que je vais respecter un type qui transforme ses serviteurs les plus dévoués en apéritifs ?
_Ok. Un point pour toi. Mais il n'empêche que ça n'a aucune chance de marcher.
_On parie ? Je suis gradé, tu sais. Je peux approcher Molluck de près. Il veut te voir en face avant de te tuer, donc c'est à ce moment-là qu'on lui fera la peau !
Était-ce bien Ben qui parlait ici ? Je veux dire, il a toujours été prêt à tordre le coup aux règles, mais de là à projeter d'assassiner Molluck le Glukon, PDG de Rupture Farms...Jamais je ne l'aurais cru aussi audacieux. Et je crois que comme moi, il fut lui-même surpris par ce qu'il projetait. Mais il se ressaisit aussitôt.
_Ah, ça, c'est sûr, comploter contre un grand patron Glukon, c'est autre chose que de rigoler au dépens d'un Slig boiteux ! Mais il faut tenter, Abe. Je te jure, moi, si j'avais Molluck devant moi, j'hésiterais pas. Je le tiendrai en joue, et je le criblerai de balles. Je suis sûr que ça me ferait un bien fou.
_Tu te sens bien ?
_Oui, pourquoi ?
_Ben quand même, je te connaissais pas ce cô rebelle...
_Tu déconnes, j'espère ! Eh, qui est le Slig le plus libre d'esprit de tout Oddworld ?
_Enfin je veux dire, je ne te savais pas aussi rebelle.
_C'est toi. Tu as une mauvaise influence sur moi. Je te jure, depuis ton évasion, j'ai vraiment, vraiment réfléchi...Et j'ai décidé que mieux valait agir pour essayer de sauver des Mudokons promis à l'abattoir plutôt qu'être complice d'un génocide sur l'autel du profit !
Je vous l'avais dit, Ben est un vrai génie. Le seul Slig intelligent de tout Oddworld, en tout cas, le seul assez intelligent pour comprendre la gravite de la situation des Mudokons encore prisonniers ici.
_Superbe déclaration ! Tu l'as répétée avant de me choper ou quoi ?
_Non, ça m'est venu tout seul. Bon, on fait quoi ? Tu veux la peau de Molluck oui ou non ?
_Étant donné que c'est lui le salopard à l'origine de tout ça...oui.
_Alors qu'est-ce qu'on attend ? Je vais te faire passer pour mon prisonnier et je t'amènerai jusqu'à lui.
_Ça m'a tout l'air d'un plan foireux.
_C'en est un. Mais il faut tenter, non ?
_Es-tu sur que ça vaut le coup, sachant que si on est démasqués on meurt tous les deux, et on condamne du même coup tous les Mudokons d'ici ?
_Bien sur que ça le vaut !
_Accepte, dit dans ma tête la voix d'Argyne. Son plan n'a rien de foireux. Fais-lui confiance...
_Ok, tu l'auras voulu ! m'exclamai-je sans vraiment savoir à qui je m'adressais, si c'était à Argyne ou à Ben. Je donne ma chance a ce plan foireux, en acceptant d'en faire partie !
_Super ! Tu verras, tout ira comme sur des roulettes !
Je ne pouvais qu'espérer que mon ami disait vrai. En attendant de voir le plan en action, je croisai les mains dans le dos, et avançai tandis que Ben pointait sur moi le canon de son arme, comme si j'étais vraiment son prisonnier. L'heure de la confrontation finale approchait...
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